Capital Terre

Le premier numéro de ce nouveau magazine, diffusé sur M6 il y a quelques semaines, avait pour thème l’alimentation et posait cette question : est-il possible de tous se nourrir sans piller les ressources de la planète ? Quatre sujets ont été traités : l’huile de palme, la consommation de bœuf, l’impact carbone de nos achats alimentaires, et l’achat de terres cultivables en Afrique par les pays émergents.

Le sujet de l’huile de palme a été maintes fois traité par les médias, souvent en montrant des hectares de forêt détruite pour y planter des palmiers. Ici encore, on ne peut y échapper, mais on apprend surtout que le palmier à huile — arbre d’origine africaine — a été introduit en Indonésie par un Français, au début du 20ème siècle. On découvre également que cette huile est la matière grasse la plus consommée au monde — et l’Europe en est le 1er importateur — parce qu’elle est en moyenne 15% moins chère que les autres.
La partie sur le bœuf m’a beaucoup fait penser au film Food Inc. car elle a été filmée essentiellement dans les ‘feed lots’ américains. Le problème de la consommation de bœuf vient du fait qu’elle est en forte augmentation dans le monde, alors que son élevage est extrêmement polluant. La pollution provient notamment du méthane dégagé — l’ensemble des élevages rejette plus de gaz à effet de serre que l’ensemble du parc automobile mondial ! –, mais également des déjections animales qui polluent les sols et donc l’eau.
On apprend ensuite que notre alimentation est potentiellement plus polluante que toutes nos autres activités (chauffage, déplacements, etc.) en raison des trajets effectués par les produits que nous achetons, ce dont nous n’avons pas idée puisque ce n’est pas indiqué sur les étiquettes. Ainsi, c’est par le choix de nos aliments que nous pouvons agir pour l’environnement. D’où l’essor du locavorisme, ce mode de vie qui consiste à n’acheter que des aliments produits à moins de 250 km alentour. On note également l’exemple des supermarchés Casino, qui proposent déjà un étiquetage carbone sur leurs produits, indication prévue par le Grenelle pour le 1er janvier 2011.
La dernière partie me paraît un peu éloignée du sujet principal dans le sens où le consommateur français se sentira moins concerné, puisqu’il s’agit de traiter le thème des terres cultivables africaines vendues aux pays émergents. On voit ici l’exemple de l’Inde qui achète des terres en Éthiopie, pour y cultiver des denrées destinées exclusivement à l’exportation. 
Au final, cette émission me semble plutôt réussie, puisque j’ai le sentiment d’en savoir un peu plus sur le sujet, alors que je craignais de n’entendre que ce que je savais déjà. J’aurai l’occasion de revenir sur les thèmes qui ont été traités dans cette émission, puisque l’alimentation est un point crucial pour les consommateurs que nous sommes.
Source :
Capital Terre (site de l’émission) : http://bit.ly/9avBIm
Vidéos (extraits) : http://bit.ly/ayuoEk

Eco-gestes : une question d’effort ?

 Adopter des pratiques écolo, est-ce facile ? Beaucoup nous disent que oui. Pourtant, on observe un décalage manifeste entre la prise de conscience qu’il est nécessaire de changer ses habitudes, et le passage à l’acte. Pourquoi ? Peut-être parce que certains gestes demandent plus d’effort que d’autres.

Selon moi, on peut classer les éco-gestes en trois catégories, selon l’effort à fournir :
  • facile : ce sont tous les gestes qui ne réclament aucun changement d’habitude, tout juste un changement de produit. Par exemple, remplacer sa lessive habituelle par une lessive écologique. L’offre étant maintenant importante dans les supermarchés, il n’est même pas nécessaire de changer de boutique.
  • moyen : ce sont les gestes qui réclament de modifier ses habitudes. Ils exigent plus d’effort, plus de volonté, parce que cela demande souvent du temps. Par exemple, arrêter l’eau sous la douche quand on se savonne, ou éteindre la lumière en sortant d’une pièce. « Les habitudes ont la vie dure », dit-on.
  • difficile : ce sont les gestes qui vont réclamer un effort particulier, qui marquent une volonté particulière de celui qui les adopte. Par exemple, apporter ses appareils usagés en déchetterie, ou ses bouteilles de verre dans un container.
Entendons-nous bien : pour moi, certains gestes de la catégorie « difficile » ne le sont pas forcément, mais cela vient du fait que je suis très volontaire sur le sujet. Cependant, j’ai conscience que pour beaucoup de gens, cela demande un effort qu’ils ne sont pas prêts à fournir.
Et c’est bien tout le problème des éco-gestes. Ceux qui sont convaincus de la nécessité de modifier notre façon de vivre ne trouvent pas que cela soit difficile à faire ; les autres, si. Ainsi, pour convaincre le plus grand nombre de changer ses habitudes, il faudra leur proposer un maximum de gestes « faciles », les encourager à mettre en place les gestes « moyens », mais aussi comprendre leur réticence à adopter les gestes « difficiles ».

Planète Durable : mon coup de coeur

Mon coup de cœur du salon Planète Durable, c’est la Moulibox ! Il s’agit d’un mini-composteur d’intérieur qui vous permettra à la fois de diminuer la part de vos déchets qui partiront à l’incinérateur et de vous initier au lombri-compostage, c’est-à-dire le recyclage des déchets organiques par les lombrics.
En effet, après commande sur le site www.moulibox.fr, vous recevrez une jolie boîte — fabriquée en France — contenant un sac de terreau bio et ses lombrics. Il ne vous reste plus qu’à les nourrir (l’équivalent d’une poignée par semaine) avec leurs mets préférés : fruits et légumes crus ou cuits, riz et pâtes, marc de café, sachets de thé…

Bien sûr, ce mini-composteur n’est pas comparable à un vrai lombri-composteur, et vous ne pourrez pas y mettre tous vos déchets organiques, loin de là. Il a surtout une vertu pédagogique, car il permet de comprendre le fonctionnement du lombri-compostage. Néanmoins, pour ceux qui comme moi ne disposent pas de l’espace nécessaire pour accueillir un lombri-composteur grand format, la Moulibox se présente comme une première étape intéressante : 10 kg de déchets en moins chaque année, c’est toujours mieux que rien !

D’autant que ce mini-composteur présente deux avantages : d’abord, au bout de quelques mois, vous pourrez récupérer le compost qui servira à fertiliser vos plantes ; ensuite, vous aurez la chance de voir pousser des plants de tomates, pommier, poirier ou autre (selon ce que vous y mettrez). Vous n’aurez alors plus qu’à les replanter et démarrer ainsi un nouveau cycle de vie !

Mieux trier pour mieux recycler

Ce billet est sans doute le premier d’une longue série consacrée au tri sélectif et au recyclage, car c’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Suite à mon passage sur le stand d’Eco-emballage au salon Planète Durable, ainsi qu’à la visite du centre de tri de Nanterre, je suis en mesure de vous proposer quelques conseils pour améliorer votre tri sélectif.
Les médias affirment que le tri est un éco-geste à présent bien ancré dans les habitudes des français. Pourtant, on remarque de nombreuses erreurs de tri –  y compris au salon Planète Durable ! — ce qui montre bien que ce geste n’est pas si simple qu’il en a l’air.
Selon moi, pour trier de manière efficace, il est nécessaire de comprendre ce qui va se passer ensuite, dans le centre de tri.
Voici quelques photos du centre de tri sélectif de Nanterre, que j’ai pu visiter dans le cadre de la Semaine du Développement Durable.
Les déchets sont apportés par les camions-bennes et entassés en vrac :
Une semaine de déchets de l’ouest parisien
Tous les déchets passent sur un premier tapis et sont triés manuellement: on retire d’une part les grands cartons, et d’autre part tout ce qui va partir à l’incinérateur — appelé le « refus ». Ne mettez pas vos déchets dans un sac : les opérateurs n’ont pas le temps de l’ouvrir ; ils l’envoient direct au refus.
Pré-tri manuel
Les déchets passent ensuite par une machine qui va séparer ce qui est plat (journaux, cartons) de ce qui est creux (bouteilles, flacons). Ils passent alors sur un deuxième tapis, afin d’être à nouveau triés manuellement.
Second tri manuel
Les déchets triés vont tomber dans de grands containers situés sous les lignes de tri, ce qui permettra de les récupérer facilement. On peut alors les emmener à la presse, matériau par matériau, afin de former des « balles, » qui pourront être envoyées chez un industriel chargé du recyclage.
Balles prêtes à être envoyées au recyclage
Mais le plus intéressant, lorsqu’on veut améliorer son tri, est d’observer le refus, c’est-à-dire tout ce qui va être renvoyé à l’incinérateur. On y trouve évidemment tout ce qui ne se recycle pas (sacs plastiques notamment), mais également ce qui pourrait être recyclé, mais qui est parti au refus pour différentes raisons : petits morceaux de papier, petites boîtes, bouteilles aplaties…
Grâce à cette observation, on peut déjà proposer quelques conseils pour mieux trier : inutile de jeter ce qui est trop petit, puisque cela partira de toutes façons à l’incinérateur. Et pour cette même raison :
  • ne déchirez pas de papier en petits morceaux
  • ne faites pas de boulettes de papier (si vous aimez froisser le papier pour vous déstresser, pensez à le défroisser !)
  • n’écrasez pas votre canette sous le pied pour l’aplatir
De même, il est important de jeter vos déchets en vrac. Et contrairement à ce qui est souvent recommandé, je dirais :
  • n’aplatissez pas ou n’écrasez pas vos bouteilles, surtout les petits formats
  • n’aplatissez pas vos petits emballages cartons afin d’augmenter les chances de recyclage
Et bien évidemment, il ne faut pas jeter n’importe quoi dans la poubelle de tri ! Si vous avez un doute, jetez dans la poubelle des déchets ménagers. Pour l’anecdote, on a vu passer un ordinateur portable sur le tapis du refus…
    Pour savoir précisément ce que l’on peut mettre dans sa poubelle de tri ou non, le site d’Eco-emballage est évidemment une formidable source d’information . Mais ce qui m’intéresse, c’est de comprendre pourquoi. Je tâcherai donc d’en apprendre plus sur chaque matériau afin de savoir ce qui est recyclé et ce qui ne l’est pas, de comprendre pourquoi certains matériaux ne sont pas recyclés, et enfin d’apprendre quelles sont les évolutions en matière de recyclage des déchets.
    Source :
    Eco-emballages www.ecoemballages.fr

      Semaine du Développement Durable 2010

      Du 1er au 7 avril a lieu la Semaine du Développement Durable, pour la 8ème année consécutive. A cette occasion se déroulent de nombreuses manifestations dans toute la France (expo, tables rondes, animations, projections de films, etc.). Vous trouverez la liste de ces manifestations sur le site de la Semaine du Développement Durable.

      Pour ma part, j’irai demain visiter le centre de tri sélectif de Nanterre. Soyez attentifs à ce qui se passe autour de vous, car cette semaine est souvent prolongée de plusieurs jours. Par exemple, la commune de Vanves (92) organise un festival de films environnementaux du 10 au 15 avril.
      Dans les commerces, c’est également l’occasion de mettre en avant les produits les plus écologiques, ce qui facilite la vie du consommateur responsable. Pourquoi ne pas prolonger cette initiative le reste de l’année?

      Salon Planète Durable

      Pour la 3ème année consécutive, je vais visiter Planète Durable, le salon de la consommation durable. Ce lieu est véritablement un espace d’enchantement pour moi ! Je me trouve entourée de tout ce qui m’intéresse : alimentation bio, cosmétiques bio, mais aussi éco-construction, déco écolo, etc.

      Ce salon grand public a l’avantage de proposer beaucoup de solutions écologiques, parfois même à des questions que l’on ne se pose pas encore (par exemple, comment décorer votre intérieur de manière plus écologique). Il propose également de nombreuses conférences, animées par des acteurs incontournables du Développement Durable, et qui nous font prendre du recul sur les questions environnementales, ou nous font réfléchir à notre mode de vie.
      Ce salon m’inspire beaucoup, et je vous proposerai sans doute plusieurs billets liés à mes découvertes ou mes réflexions suites aux multiples conférences, puisque je vais y passer trois jours.

      Label AB : réglementation européenne

      A la lecture de ces 23 pages de réglementation, je dois dire que je suis assez déçue. Alors que je m’attendais à trouver des indications très précises, des chiffres, des listes de produits autorisés ou interdits (ou un lien vers la liste de ces produits), j’ai eu le sentiment de lire 23 pages de « théorie » sur le bio. Sans doute est-ce le style des réglementations ; il est vrai que je n’ai pas vraiment l’habitude d’en lire !
      Ce qu’on remarque dans les premières pages, qui établissent les « principes » de l’agriculture biologique, c’est l’utilisation du conditionnel, qui donne l’impression que l’application de ces principes est souhaitable, mais pas obligatoire. Là encore il s’agit peut-être du style employé pour rédiger ce type d’écrit.
      Alors, qu’ai-je appris en lisant cette réglementation ? Et bien à vrai dire, j’ai l’impression de ne pas en savoir beaucoup plus qu’avant. On va bien sûr trouver les grands principes du bio, et pour commencer sa définition :
      La production biologique est un système global de gestion agricole et de production alimentaire qui allie les meilleurs pratiques environnementales, un haut degré de biodiversité, la préservation des ressources naturelles, l’application de normes élevées en matière de bien-être animal et une méthode de production respectant la préférence de certains consommateurs à l’égard de produits obtenus grâce à des substances et à des procédés naturels.

      On comprend également que l’idéal du bio est un « cycle de vie » : l’agriculteur va cultiver ses fourrages, qui vont nourrir ses animaux, dont les déjections vont enrichir la terre, qui va faire pousser les fourrages, etc.
      Pour le reste, le texte est obscur au possible. Par exemple, sur la question des OGM, j’avais entendu, notamment dans le documentaire Si beau le bio?, que cette réglementation acceptait jusqu’à 0.9% d’OGM dans le bio. Or, ce chiffre n’est mentionné nulle part dans la réglementation. Dans les principes du bio, on va trouver la phrase suivante :
      Les organismes génétiquement modifiés (OGM) [...] sont incompatibles avec le concept de production biologique [...]. Ils ne devraient donc être utilisés ni dans l’agriculture biologique ni dans la transformation des produits biologiques.

      Suivi de :
      L’objectif est d’avoir une présence d’OGM dans les produits biologiques aussi réduite que possible. Les seuils d’étiquetage existants constituent des plafonds qui sont exclusivement liés à la présence fortuite et techniquement inévitable d’OGM.

      Effectivement, on comprend de ces phrases que la présence d’OGM est acceptée. Mais nulle mention d’un chiffre, même dans l’article dédié à ce sujet et intitulé « Interdiction d’utilisation des OGM ». En revanche, on nous renvoie à la lecture d’autres réglementations. Sans doute trouve-t-on la mention de ce chiffre dans l’une d’entre elle.
      Il est alors évident que la seule lecture de cette réglementation ne peut suffire à comprendre réellement ce qu’implique la production de produits issus de l’agriculture biologique, non seulement parce que cette réglementation renvoie à de nombreuses autres, mais aussi parce qu’un décryptage de ce texte semble nécessaire.
      Je vais donc poursuivre mes investigations en me penchant sur les autres textes, mais également en cherchant des clés de compréhension en dehors de ces réglementations.

      Que mangerons-nous demain ?

      Ce documentaire américain de 2004 n’est certes pas récent, mais il reste tout de même d’actualité. Il traite essentiellement de la question des OGM dans l’agriculture, mais évidemment pas pour en dire du bien.
      Après un bref résumé des évolutions technologiques de l’agriculture d’après guerre, il s’attarde sur les biotechnologies et leur produit le plus sujet à controverse : les Organismes Génétiquement Modifiés.
      Qui dit OGM, dit Monsanto. Une assez longue partie est consacrée à cette entreprise, au départ fabricante de produits chimiques, puis d’insecticides, et qui s’est mise à racheter la majorité des semenciers américains dans les années 90. Après avoir mis au point des plantes génétiquement modifiées, résistantes à son fameux pesticide « Round Up », la firme a déposé des brevets, devenant alors propriétaire de ces plantes. Dès lors, elle s’est mise à attaquer tout agriculteur contaminé par des OGM, sous prétexte de « violation de brevet ».  Le documentaire rappelle alors l’excellent film de Marie-Monique Robin « Le Monde selon Monsanto ».
      Il y est également question de la politique américaine de déréglementation sur les produits issus de la biotechnologie, mise en place par le gouvernement Bush senior et semble-t-il toujours en vigueur. La présence, au sein des institutions américaines, de personnes liées de très près à Monsanto n’y est sans doute pas étrangère.
      La contamination du maïs mexicain par le maïs transgénique américain est également abordée, de même que le dernier argument trouvé par Monsanto pour vendre toujours plus d’OGM : les biotechnologies sont la solution au problème de la faim dans le monde. Après les légumes, les chercheurs travaillent aujourd’hui sur les poissons et crustacés transgéniques, en attendant le reste…
      Si l’épilogue du documentaire n’était vraiment pas nécessaire — 5 minutes consacrées au bio et à la révolte des consommateurs, avec en phrase finale : « c’est à vous de choisir ! » — ce que je retiens notamment de ce documentaire, c’est la liste des OGM autorisés à la vente (aux USA en 2004, évidemment), qui m’a surprise et intriguée : papaye d’Hawaï, courgettes, courges, lin, tabac, betteraves sucrières, riz, hormones de croissance bovine, médicaments, végétaux producteurs de plastique, produits chimiques industriels, produits pharmaceutiques, maïs spermicide.
      J’ai été surprise parce que je n’y trouve pas le maïs, le soja et la pomme de terre (qui ont certes été déjà mentionnés dans le documentaire, mais qui mériteraient de figurer sur cette liste), mais aussi parce qu’on y trouve beaucoup plus de produits végétaux que je ne pensais. De plus, j’aimerais beaucoup savoir ce que sont des « végétaux producteurs de plastique » (problème de traduction ou pas ?) et du « maïs spermicide ».
      J’aurai évidemment l’occasion de revenir sur cette question des OGM en France et en Europe, notamment parce qu’il en est question dans la réglementation européenne sur le bio. Je tâcherai alors d’en savoir plus sur les végétaux OGM existants, et sur ce qui se prépare pour l’avenir.
      Source : Que mangerons-nous demain ?, Deborah Koons Garcia, 2004. www.thefutureoffood.com

      Le bio au banc d’essai

      Ce documentaire, s’il pose les questions habituelles à propos du bio (le bio a-t-il meilleur goût, est-il meilleur pour la santé), a le mérite de traiter le sujet sous un angle légèrement différent. Il ne s’agit pas de présenter les différents labels ou de montrer ce qui différencie le bio du conventionnel, mais plutôt de montrer que l’agriculture bio (ou « agriculture écologique ») n’est pas un retour à des pratiques ancestrales ni ne se réduit à l’abandon des engrais et pesticides. C’est au contraire une agriculture qui nécessite beaucoup de connaissances en techniques de production, et qui prend en compte les récentes recherches sur le sujet.
      De nombreux chercheurs étudient les problèmes rencontrés par les agriculteurs bio, qu’il s’agisse des maladies (mammite chez les vaches, mildiou dans les vignes) ou des ravageurs (aleurodes dans les choux), afin de trouver des solutions écologiques. Par exemple, dans le cas du mildiou sur les vignes, l’agriculture bio autorise l’utilisation de sulfate de cuivre. Mais son utilisation finit par polluer les sols. Il convient donc de trouver une meilleure solution, ce à quoi les chercheurs n’étaient pas parvenus au moment où le documentaire a été tourné.
      On observe également les résultats d’une étude comparative entre le bio et le conventionnel, en plein champ et sur une longue période : le rendement est seulement inférieur de 20% en bio, mais avec un sol moins épuisé donc moins vulnérable à l’érosion.
      Dernière question posée par ce documentaire et non des moindres : arrivera-t-on au bio pour tous ? Autrement dit, est-il possible de concilier production de masse et qualité écologique ? Là encore, un début de réponse vient de la recherche. On nous présente un élevage expérimental de poules bio. En observant attentivement les comportements des poules, un éleveur est parvenu à créer un élevage de 12 000 poules : il les sépare en groupes pour éviter l’agressivité, a planté des buissons pour les attirer hors du poulailler, leur propose un « jardin d’hiver » en cas de mauvais temps, des perchoirs pour dormir, etc. Bref, il réunit les conditions idéales pour un élevage de qualité en grande quantité.
      On comprend de ce documentaire qu’il reste beaucoup de recherches à mener en matière d’agriculture écologique, mais que cette recherche est absolument fondamentale si l’on veut proposer des produits bio pour le plus grand nombre. On comprend également que cette agriculture est complexe : elle demande du temps et de la main d’oeuvre, mais elle exige surtout d’observer attentivement les plantes et les animaux, ce que bon nombre d’agriculteurs n’ont plus le temps (ou la patience) de faire.
      Source : Le bio au banc d’essai, Peter Podjavorsek, 2007.

      Si beau le bio ?

      Ce documentaire, diffusé sur France 5 il y a quelques mois, a le même objectif que le blog Savoir Vert : il s’agit de comprendre ce que signifie acheter un produit « bio ». La réalisatrice part alors à la rencontre d’agriculteurs bio, d’une auditrice d’Ecocert qui réalise des contrôles, ou d’agriculteurs certifiés Nature et Progrès. Le sujet des cosmétiques bio est également abordé, mais moins longuement.
      Regarder ce documentaire au moment même où je suis plongée dans la lecture de la réglementation européenne sur le bio (ou « la » bio, c’est selon) est particulièrement instructif. J’y apprends que cette réglementation permet une harmonisation du bio en Europe, depuis le 1er janvier 2009, mais que de nombreux agriculteurs bio français sont insatisfaits car ce cahier des charges est moins exigeant que ne l’était le cahier des charges français. Notamment, il autorise la présence d’OGM jusqu’à 0.9%, en cas de contamination par une parcelle voisine.
      Je vais être particulièrement attentive à ces questions, car c’est bien tout l’intérêt de cette recherche : qu’est-ce qu’un produit bio ? La réponse à cette question sera différente selon la réglementation appliquée, mais peut-être aussi selon l’agriculteur qui va produire ces denrées. Car rien ne l’empêche d’aller plus loin que ce que la réglementation exige.
      Pour revenir sur le documentaire, j’y ai appris quelques informations importantes : par exemple, sur les marchés, les vendeurs de produits bio doivent avoir un certificat délivré par Ecocert. Vous êtes en droit de leur demander. Et si les étiquettes présentant le label AB ne sont pas visibles sur les étals, soyez méfiants car certains vendeurs profitent de l’engouement pour le bio.
      Enfin, même si le documentaire fait état de quelques fraudes, comme la vente de fausse viande bio par un éleveur ou l’importation d’un soja bio chinois contaminé à la mélamine, la réalisatrice reconnaît que l’agriculture biologique est aujourd’hui l’une des filières alimentaires les plus sûres.
      Source : Si beau le bio ?, Elsa Margout, 2009.