Poissons : on achète quoi ?

Nous avons tous entendu parler des problèmes de surpêche, et nous savons que certaines espèces de poissons sont menacées d’extinction pour cette raison. L’espèce en danger la plus médiatisée, c’est évidemment le thon rouge. Aujourd’hui quasiment tout le monde (écolo comme non écolo) sait qu’il ne faudrait plus en manger. Mais ce n’est évidemment pas la seule espèce en danger.
Pour ma part, si je sais depuis longtemps que de nombreuses espèces de poissons ne devraient plus être consommées, j’avoue avoir du mal à en retenir la liste. J’ai trouvé il y a quelques temps l’éco-guide du WWF, très pratique car on peut le glisser dans son sac, pour l’avoir toujours sous la main quand on fait ses courses. Le problème, c’est qu’arrivée au rayon poissonnerie, je ne trouve quasiment rien figurant dans la liste verte, tout juste quelques espèces de la liste orange. Au final, je ne sais plus quoi acheter. Je suis persuadée que la liste verte du WWF pourrait être allongée, et j’ai besoin de savoir ce que je peux acheter à la poissonnerie sans nuire à l’environnement.
Une chose est certaine, je ne vais pas pouvoir vous présenter une solution toute simple : en effet, acheter du poisson « durable » est très compliqué ! On ne peut pas se contenter de dresser une liste des poissons à  consommer ou à éviter. Grâce à un article du site Eauzone.tv, ainsi qu’à la fiche-produit du site Mes Courses pour la Planète, j’ai relevé les 6 critères importants :
  • pour savoir si l’espèce est menacée, il faut connaître son nom scientifique.
  • l’origine du poisson est très importante. Par exemple, si les stocks de  sole sont en général très faibles, on peut tout de même consommer sans complexe la sole issue de la Manche orientale (sole de Hastings dans l’éco-guide du WWF).
  • la technique de pêche compte également. Le chalutage est une technique très destructrice : un filet est traîné par un navire et racle le sol, détruisant les fonds et tout ce qui y vit. D’ailleurs, 1/3 de ce qui est pris par le filet est considéré comme « annexe », c’est-à-dire non commercialisable, et est rejeté, mort, dans la mer. Il vaut mieux privilégier la pêche à la ligne.
  • le critère de taille du poisson doit être respecté. Idéalement, il faudrait attendre que les animaux aient atteint une taille suffisante pour la reproduction. Mais cette taille est bien supérieure à la taille minimale exigée pour la commercialisation.
  • il faut privilégier le label MSC (Marine Stewardship Council) quand on le trouve, ce qui n’est pas encore si fréquent.
  • il ne faut pas consommer de poisson pêché pendant les périodes de reproduction. On trouve un calendrier de ces périodes dans le guide « Et ta mer, t’y penses » de Greenpeace.

De ces critères, je retiens surtout qu’il va falloir se rappeler à la fois le nom des poissons à privilégier / éviter, ainsi que leur origine, et qu’il faudra se renseigner auprès du poissonnier pour savoir comment ils ont été pêchés. Je comprends mieux pourquoi le conso-guide du WWF est si compliqué à lire.

Pour ce qui est des poissons, je retiens tout de même que la première espèce menacée est le cabillaud, parce que la plus consommée au monde. Au rythme où l’on va, l’espèce sera éteinte en 2020. A l’inverse, dans une vidéo du site Eauzone.tv, j’apprends qu’on peut manger sans hésiter du maquereau, du lieu noir ou du lieu jaune.
Enfin, je découvre le Guide Alliance Produits de la Mer. Ce guide est extrêmement complet, mais il s’adresse principalement aux professionnels, comme les restaurateurs, qui sont amenés à acheter de grandes quantités de poissons. Je ferai un compte rendu de ce guide dans un prochain billet.
A l’issue de ce billet, j’ai le sentiment d’avoir peu avancé. Mais cela reflète une réalité : aller à la poissonnerie est devenu tout sauf simple et acheter du poisson issu de la pêche durable nécessite d’ingérer un grand nombre de connaissances sur le sujet ! Je vais donc continuer à faire mes courses avec l’éco-guide du WWF (et je vous invite à l’imprimer pour faire de même), en attendant de devenir une experte des poissons, mollusques et crustacées !

Sources :
- Eauzone.tv : « 5 repères pour consommer du poisson durable » http://bit.ly/bwOv6x
- [vidéo] Eauzone.tv : Maquereaux à gogo ! » http://bit.ly/ccH36C
- Mes Courses pour la Planète : Fiche-produit « le poisson » http://bit.ly/9URb4B
- Conso-guide WWF « Pour une pêche durable » http://bit.ly/ateoS9
- Guide Greenpeace « Et ta mer, t’y penses » http://bit.ly/9Y0eXE
- Guide Alliance Produits de la mer 2010 http://bit.ly/bk5DXP

Initiation au compostage

Pendant mes vacances, j’ai eu la chance de profiter d’un jardin muni d’un composteur. J’ai donc pu découvrir les principes du compostage, aidée du guide du compostage fourni par la commune, ainsi que du Larousse du jardinage bio.
L’idée est de décomposer les matières vivantes (fruits, légumes, déchets du jardin) afin de les utiliser comme engrais (le « compost »). C’est donc une des bases du jardinage bio, puisque, comme nous l’avons vu à propos l’agriculture biologique, le principe est de créer une sorte de « cyle de vie » : les restes de culture du jardin vont nourrir la terre, qui va faire pousser de nouvelles cultures, et ainsi de suite.
 
On peut donc mettre au compost tout ce qui vient du jardin, ou pourrait en venir : les fruits, les légumes (sans noyau ou pépin) et tous les déchets végétaux (tonte de pelouse, feuilles mortes, fleurs fanées, etc.). Mais on peut également y mettre tous nos restes de repas, à l’exception de la viande et du poisson — qui risqueraient d’attirer rongeurs et autres animaux — et des os et arêtes, trop difficiles à dégrader. Mais le pain et les pâtes vont au compost, de même que le marc de café (et le filtre), le thé (et le sachet), les coquilles d’oeufs, et bien sûr, toutes les épluchures.
Ce qui est plus surprenant, c’est qu’on peut également y mettre des mouchoirs et serviettes en papier, du sopalin, et même du papier journal ou des sacs en papier (découpés en petits morceaux). Cependant, ne voyons pas là une incitation à utiliser des serviettes en papier et du sopalin, dont l’usage n’est absolument pas écologique, puisqu’ils pourraient être remplacés par des éléments lavables et donc réutilisables. De même, il est certainement préférable de jeter les journaux au tri sélectif, afin qu’ils soient recyclés et réutilisés.
La recette du bon compost est en fait de mélanger matières humides et matières sèches  : les matières humides (déchets de cuisine, notamment) sont celles qui pourrissent le plus rapidement, tandis que les matières sèches (déchets de haies persistantes, cartons, journaux, etc.) se dégradent lentement. Il faut donc bien équilibrer son mélange pour que le compost soit réussi. Au bout de quelques mois, on obtient un résultat qui a l’aspect d’une terre foncée : le compost est alors prêt à être utilisé, mélangé à la terre ou bien en « paillis », c’est-à-dire appliqué en couche d’1 cm sur le sol.
Faire son compost n’est donc pas une tâche très compliquée, et la liste des ingrédients pouvant être compostés est finalement relativement courte. Le plus difficile en fait est de prendre cette nouvelle habitude de conserver ses déchets de cuisine, de mettre à part ce qu’on avait l’habitude de jeter à la poubelle. Mais après quelques jours, cela devient un réflexe. Et aujourd’hui, alors que je suis revenue à la vie sans composteur, je me rends compte de la quantité de déchets qui partent à l’incinérateur alors qu’ils pourraient être réutilisés.

Sources :
Larousse du jardin bio, ed. Larousse, 2007.
Vidéo : « Réaliser son compost », Truffaut.tv http://bit.ly/drLAEI
Vidéo : « Faire son compost » http://dai.ly/a3S4nv

Ma poubelle est un trésor

Ce documentaire extrêmement riche et passionnant traite du problème des déchets. Il y expose la problématique actuelle et présente différentes  solutions, trouvées en France et dans le monde.
La problématique est simple : nous produisons beaucoup trop de déchets, à tel point que d’ici quelques années, en France, il sera impossible de tout enfouir ou incinérer. En effet, jusqu’à présent, la réponse la plus courante est l’incinération des déchets. Mais elle a deux conséquences néfastes : d’une part, les usines rejettent des fumées toxiques, et d’autre part, il reste toujours les résidus solides — appelés « mâchefers » — qui sont également toxiques et qu’il faut bien stocker quelque part.

D’où une première conclusion évidente : il est nécessaire de moins incinérer, et plus généralement de produire moins de déchets. Le documentaire expose alors différentes solutions, que nous connaissons tous, comme le recyclage — en abordant la question du tri sélectif et du compostage — ou l’éco-conception. L’intérêt du film est qu’il présente de nombreux exemples de ce qui se fait déjà partout dans le monde.
La dernière partie aborde une autre question importante : celle des déchets non triables non réutilisables, appelés « micro-polluants« . Ce sont des déchets issus notamment de notre vie quotidienne, comme les molécules synthétiques de nos cosmétiques qui se retrouvent dans les eaux. Ce sujet est véritablement pertinent car il est beaucoup plus difficile d’agir en la matière. En effet, comment éviter la pollution des eaux (et de leurs habitants) par nos médicaments ?
Loin de nous proposer des solutions miracles, ce documentaire a donc le mérite de nous exposer les imperfections de ces réponses, et de montrer qu’il reste beaucoup à faire en matière de recyclage et de gestion des déchets. La conclusion dit même que nous n’en sommes qu’au début, et que le but serait d’arriver à reconstituer un écosystème. C’est d’ailleurs ce que fait l’Agence Spatiale Européenne avec son programme « Melissa » : une petite Terre a été recréée à l’échelle d’un laboratoire. On souhaite vraiment que des idées révolutionnaires en sortent, afin de nous aider à régler cette épineuse question des déchets.

Source : Ma poubelle est un trésor, Martin Meissorier et Pascal Signolet, 2010. http://bit.ly/91oiQ7 (extrait). Nombreux extraits sur la chaîne YouTube de l’Ademe.

Charte Cosmébio : les ingrédients

Cosmébio est une association créée en 2002 qui compte aujourd’hui plus de 200 adhérents pour plus de 4000 produits certifiés. J’ai lu la charte Cosmébio qui expose les grands principes de la cosmétique bio. L’idée générale est de fabriquer des cosmétiques tout en respectant l’environnement de manière globale, ce qui signifie que tout est important : du choix des ingrédients au processus de fabrication, en passant par l’emballage.

Ce que je remarque en premier lieu, ce sont les critères stricts dans le choix des ingrédients, ainsi que dans les procédés de transformation de ces ingrédients.
En effet, Cosmébio privilégie les matières premières végétales, de préférence biologiques, et exclut toute utilisation des OGM. 
Les matières premières minérales sont également acceptées, mais elles doivent être extraites dans des conditions respectueuses de l’environnement.
Les matières premières animales, c’est-à-dire extraites d’animaux vivants ou morts, sont interdites, et les sous-produits animaux (ex : miel, lait, cire d’abeille…) ne sont autorisés que s’ils ne mettent pas en cause directement la vie des animaux.
Les ingrédients de synthèse sont exclus, notamment les parfums et colorants synthétiques, les silicones et les ingrédients issus de la pétrochimie. Seules quelques conservateurs synthétiques sont autorisés, mais ils font partie d’une « liste positive », c’est-à-dire d’une stricte liste d’ingrédients.
Mais ce que j’ai découvert, ce sont les procédés de transformation des matières premières qui sont autorisés ou exclus. J’ai notamment compris leur importance sur le site de Cosmébio,  dans un petit tableau qui explique les termes employés en cosmétologie bio.
Selon Cosmébio, un ingrédient « bio » ou « naturel » est un ingrédient qui n’a pas été transformé, ou uniquement par des procédés physiques (ex : séchage, broyage, pression à froid, macération). 
Un ingrédient qui a subi une transformation chimique est dit « d’origine naturelle« . Pour Cosmébio, les seuls procédés autorisés sont des procédés chimiques simples, comme la fermentation ou l’oxydation, ou certains procédés chimiques complexes comme la saponification. Mais les procédés tels que la décoloration, la désodorisation ou l’irradiation sont interdits. 
Les ingrédients de synthèse pure sont dits  « non naturels« . Certains sont autorisés à condition d’être non polluants.
Cette première approche du label Cosmébio peut paraître technique et complexe, mais cela montre qu’il ne suffit pas de choisir des ingrédients issus du monde végétal pour faire un produit « naturel ». C’est essentiellement le mode de transformation du produit qui importe. Ainsi, si un ingrédient cultivé en agriculture biologique est transformé par un procédé chimique tel que la décoloration ou la désodorisation, il sera dénaturé et n’aura sans doute pas le même intérêt. C’est du moins le point de vue de Cosmébio.
A ce stade, et n’étant pas chimiste, je ne peux que me contenter de suivre et d’approuver ce point de vue. Cela dit, j’ai à présent envie d’en savoir plus et suis prête à m’intéresser d’un peu plus près à ces procédés de transformation. Pourquoi certains procédés sont exclus par Cosmébio et d’autres pas ? Et les autres labels ont-ils les mêmes définitions d’un ingrédient « bio » ou « naturel » ? Voilà les questions auxquelles je vais à présent tâcher de répondre.

Label bio : nouveau logo

Depuis le 1er juillet dernier, vous pouvez trouver ce nouveau logo du label bio européen , baptisé « Eurofeuille », sur tous les produits bio originaires de l’Union Européenne.

Pour choisir ce nouveau logo, la Commission Européenne avait lancé un grand concours auprès des jeunes européens.  Trois finalistes ont été sélectionnés par un jury de professionnels, mais ce sont les internautes qui ont voté pour leur logo préféré. C’est en février dernier que le logo gagnant, créé par un jeune allemand, a été désigné.
 
Ancien logo
Ce nouveau logo remplace donc l’ancien logo du bio européen. Mais jusqu’à présent, ce logo était facultatif et pouvait être remplacé par un logo national.  C’est pourquoi en France, on trouvait plus souvent le logo AB, bien connu des consommateurs. A présent, le logo européen est obligatoire, mais il peut toujours être accompagné du logo national ou d’un logo privé (ex: Demeter, Nature et Progrès).
On peut donc le trouver sur tous les produits emballés issus de l’Union Européenne. Les produits bio importés ne peuvent le faire figurer. Ainsi, on peut visualiser d’un coup d’oeil les produits européeens.
Cependant, j’avoue rester sceptique sur cet aspect. Je lis dans l’article de Suite 101 que le logo est facultatif lorsque le produit est issu de pays hors Union Européenne, mais transformé en Europe. Ainsi, si un produit est transformé en Europe, mais qu’une partie de ses ingrédients vient d’ailleurs, le logo sera apposé (je doute qu’on choisisse de ne pas le mettre). Pourtant, il ne s’agira pas véritablement d’un produit européen. De plus, si l’on cherche à acheter européen dans le but de diminuer son bilan carbone, ce produit ne correspondra pas à nos attentes.
Je m’interroge également quand je lis que ce logo est obligatoire sur les produits emballés. Mais qu’en est-il des fruits et légumes ? Une fois de plus, j’ai le sentiment qu’il nous faudra rester méfiant et ne pas faire confiance aveuglément aux labels.


Sources
:
- Blog Logo en Vue : « L’arrivée du logo européen sur le packaging des produits issus de l’agriculture biologique ». http://bit.ly/al8lsc
- Shop Ecolo : « Le nouveau logo du label AB européen est arrivé ». http://bit.ly/a4nCKA
- Suite 101 : « Le nouveau label bio européen ». http://bit.ly/dhKTMo

Cosmétiques bio : la ronde des labels

En matière de cosmétiques bio, on remarque l’apparition de nouvelles marques ou de nouveaux produits à peu près toutes les semaines. Il s’agit là d’un véritable phénomène de mode, ou plus exactement de marketing. Les fabricants de cosmétiques ont bien noté l’engouement des consommateurs pour des cosmétiques plus naturels et exempts de certains ingrédients, notamment les parabens. Face à cette offre pléthorique de produits, il devient indispensable de comprendre ce que l’on achète et de séparer le bon grain de l’ivraie.

Je ne vous cache pas que la thématique des cosmétiques bio est l’un de mes sujets favoris. J’ai donc déjà certaines connaissances sur le sujet. Et pourtant, je me pose encore de nombreuses questions, et je crains surtout de me faire rouler, en achetant des produits qui ne correspondent pas à mes attentes, c’est-à-dire des produits écologiques et de qualité.
Il convient tout d’abord de différencier les produits naturels des produits bio. Alors que le grand public utilise souvent le terme bio à tout va, je ne considère comme bio que les produits labellisés. Les produits dits naturels sont simplement des produits dont les ingrédients sont majoritairement issus des plantes et non de la chimie. Mais cette notion est très floue, puisqu’il n’y a aucune réglementation en la matière.
Les produits labellisés suivent un cahier des charges. Ils sont donc plus rassurants pour celui ou celle qui cherche des produits vraiment naturels car en général, l’utilisation d’ingrédients issus de la chimie est très limitée. Mais c’est là que les choses se compliquent, car le nombre de labels apposés sur les cosmétiques est étourdissant.

En France, le plus connu est celui de Cosmébio : on le trouve sur la plupart des cosmétiques bio vendus en France. Mais il existe également le label allemand BDIH, qu’on trouve sur les marques allemandes comme Logona ou Lavera. Il est souvent plus discret et à l’arrière de l’emballage, contrairement au Cosmébio qui est très visible. Il existe également les labels Ecocert et Nature et Progrès. Et le petit dernier, c’est le label européen NaTrue : il est né d’une volonté de créer un label unique, valable pour tous les cosmétiques bio en Europe. Mais à ce jour, il ne semble pas avoir convaincu grand monde et, à ma connaissance, la seule marque portant le label  NaTrue est Weleda.

Connaître ces labels permet certes d’identifier les produits en magasin, mais cela ne nous dit rien sur leurs points communs ou leurs différences. De même, au sein d’un même label, tous les produits ne sont pas comparables ; il y a forcément des différences de qualité entre les produits certifiés Cosmébio, le label que nous rencontrons le plus souvent. Je vais donc m’informer sur les cahiers des charges de ces divers labels afin de trouver les éléments qui permettront de sélectionner les meilleurs produits.

Boîtes à oeufs : recyclables ou pas ?

Je me pose cette question car ma communauté de communes nous indique de ne pas mettre les boîtes à œufs dans le tri sélectif. Or Eco-emballages affirme le contraire. Alors faut-il les mettre au tri ou pas ?

Après une rapide recherche sur Internet, je m’aperçois qu’effectivement certaines communes indiquent de mettre les boîtes à œufs au tri, les classant avec le papier et le carton,  alors que d’autres indiquent de les jeter avec les ordures ménagères.

Alors pourquoi cette différence ? Je cherche alors à comprendre comment sont fabriquées ces boîtes. Je trouve un article qui mentionne l’entreprise Ecofeutre, qui fabrique des boîtes à œufs à partir de journaux et magazines recyclés. S’il s’agit simplement de papier recyclé, pourquoi ne pourrait-on pas les mettre au tri ?
Sur le site d’Ecofeutre, j’en apprends un peu plus sur la fabrication des boîtes. Elles sont fabriquées en cellulose moulée. La cellulose est une fibre naturelle qu’on trouve dans les végétaux, par exemple le bois. Elle sert notamment dans la fabrication de pâte à papier. Les boîtes à œufs sont donc tout simplement de la pâte à papier moulée, puis séchée.
Ne trouvant pas plus d’explication sur les raisons qui empêcheraient le tri des boîtes, je décide de contacter Eco-Emballages pour leur poser la question : ils me confirment que les boîtes d’œufs en cellulose sont recyclables. Alors comment expliquer que certaines collectivités indiquent de ne pas les mettre au tri ? La seule explication plausible viendrait d’une confusion avec les boîtes à œufs en plastique, qui, elles, ne sont pas recyclables. Cette confusion me surprend quand même car il est largement plus courant de vendre les œufs dans des boîtes en carton.
La conclusion de cette histoire est que les boîtes à œufs sont bien à mettre dans le poubelle de tri, et qu’il s’agit même d’un produit particulièrement écologique puisqu’il est réalisé à partir de papier recyclé, qui sera à nouveau réutilisé.
Sources :
Eco-Emballages : http://bit.ly/7F1m4
Vidéo : « Cellulose moulée. Comment c’est fait ? » http://dai.ly/bbBwEt
Sujet de mémoire sur la cellulose moulée : http://bit.ly/bQ8ynP

Bio Cohérence : un nouveau label bio

En avril dernier, des acteurs du bio se sont réunis et ont décidé de créer un nouveau label bio : Bio Cohérence. Nous devrions le trouver en magasin dès l’année prochaine.
Je ne vais pas aborder ici le sujet de la multiplicité des labels, sujet sur lequel il y a pourtant beaucoup à dire, et sur lequel je reviendrai sans doute ultérieurement. J’aimerais plutôt me pencher sur ce que l’arrivée de ce nouveau label permet de comprendre à propos du label bio actuel.

Que propose le label Bio Cohérence par rapport au label AB ?
  • des fermes qui ne produisent qu’en bio
  • des animaux nourris exclusivement en bio
  • une alimentation animale produite majoritairement dans la ferme
  • des produits 100% bio
  • une interdiction totale des OGM
Si ces critères sont mis en avant, c’est parce qu’ils ne sont pas remplis par le label bio actuel. En effet, comme je l’ai expliqué à propos de la réglementation sur le bio, depuis le 1er janvier 2009, seule la réglementation européenne est appliquée. Auparavant, on y ajoutait un cahier des charges français, qui était plus strict que le cahier des charges européen.
Le label Bio Cohérence reprend donc cet ancien cahier des charges, en allant parfois même un peu plus loin. Si l’on reprend les critères mis en avant par Bio Cohérence, on en apprend un peu plus sur le bio actuel :
  • des fermes qui ne produisent qu’en bio : selon le label européen, on peut tout à fait avoir une ferme avec une parcelle bio et une parcelle non-bio. Le problème est certainement le risque de contamination d’une parcelle à l’autre, même si le texte prévoit de bien séparer les parcelles.
  • des animaux nourris exclusivement en bio : on en déduit que les animaux n’ont pas une alimentation 100% bio. Je ne sais pas s’il y a un pourcentage minimum. Dans la réglementation, je n’ai pas trouvé de chiffre, juste qu’ « une partie de la ration peut contenir des aliments provenant d’exploitations en conversion » et que « les matières premières [...] non biologiques [...] ne sont utilisé[e]s que si [elles] ont fait l’objet d’une autorisation d’utilisation« .
  • une alimentation animale produite majoritairement dans la ferme : c’est également ce qui est écrit dans la réglementation européenne. A moins de décider d’un seuil minimal, je ne vois pas vraiment la différence entre les deux labels. Mais l’idée est évidemment de diversifier les cultures dans une même ferme. L’éleveur devra également cultiver les fourrages pour ses animaux.
  • des produits 100% bio : actuellement, un produit peut porter le label bio à partir de 95% d’ingrédients bio. C’est d’ailleurs un des seuls chiffres que j’aie trouvé dans la réglementation européenne.
  • une interdiction totale des OGM : c’est le point de discorde par rapport à la réglementation actuelle. Le cahier des charges français autorisait 0.1% d’OGM. Aujourd’hui, c’est 0.9%. Le label Bio cohérence souhaite donc aller plus loin que l’ancien cahier des charges, et refuse toute contamination.
Ce label va ainsi nous permettre de sélectionner les produits qui répondent à ces critères, qui sont en fait ceux que l’on recherche lorsqu’on achète un produit bio. En effet, nous croyons à tort qu’acheter bio nous permet d’éviter les OGM ou qu’un produit bio est forcément 100% bio. Or nous voyons ici que ce n’est pas le cas et que nous sommes en quelque sorte « trompés sur la marchandise ». 
Mais il ne faut pas croire que les producteurs se contentent d’appliquer la réglementation européenne ; c’est notamment le cas de tous ceux qui se sont réunis pour créer Bio Cohérence. Car aujourd’hui, rien ne nous permet de différencier le produit bio « de base » de celui qui l’est un peu plus. De ce point de vue, ce nouveau label a donc tout à fait sa place.
Sources :
- Biocontact, « Bio cohérence, une nouvelle marque bio française », n°202, mai 2010, p8.
- Actu-Environnement, « Bio cohérence : un nouveau label, plus bio que bio? » http://bit.ly/aUYPi2
- Cdurable.info, « Bio cohérence : la marque des produits 100% bio » http://bit.ly/bdTMce
- Novethic, « Les producteurs bio lancent un nouveau label privé » http://bit.ly/bmmGBD

L’impossible retour en arrière

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Lors d’une conférence à Planète Durable, Anne-Sophie Novel, auteur du Guide du locavore, racontait son expérience de locavorisme et admettait qu’elle avait depuis abandonné certaines habitudes de locavore. Cela m’a rappelé l’ouvrage de Colin Beavan, No Impact Man, qui a poussé l’expérience à l’extrême en tentant de réduire autant que possible son empreinte carbone, et qui a lui aussi repris ses anciennes habitudes depuis.

En écoutant  Anne-Sophie Novel, je me suis dit que si tous deux avaient opéré un retour en arrière, c’est en raison de l’aspect extrémiste de leur expérience. Ce qu’ils cherchent à faire pour leur ouvrage est tellement éloigné de notre actuelle façon de vivre, et donc si difficile à appliquer au quotidien (à moins d’un changement de vie radical) qu’il est impossible à prolonger. On peut alors se demander quel est l’objectif véritable de leurs expériences : le résultat est plutôt négatif puisque cela n’incite pas à faire de même.
Mais j’ai aussi pris conscience qu’en ce qui me concerne — moi qui suis loin de ces extrémismes, et qui me contente de changer mes habitudes petit à petit — il serait à présent impossible de faire retour arrière. 
Parce que je ne pourrai plus faire comme si je ne savais pas. Ce que je trouve passionnant dans le Développement Durable, c’est qu’il oblige à s’interroger, à connaître l’histoire d’un produit du début à la fin. Dès lors que l’on a cette connaissance, on prend conscience de ce qu’implique chacun de nos gestes, chacun de nos achats. Et lorsque l’on décide de changer une de nos habitudes, il est impossible de revenir en arrière, car il faudrait redevenir inconscient pour l’accepter.
Le consommateur responsable ne se contente pas d’acheter un produit labellisé ; il cherche à comprendre ce qu’englobe l’acte d’achat. Et c’est cette prise de conscience qui fait toute la différence.

Neo-Planète

J’avais déjà entendu parler de ce magazine depuis longtemps, mais c’est le salon Planète Durable qui m’a permis d’en avoir un exemplaire entre les mains.
Neo-Planète est un magazine qui plaira à ceux qui, comme moi, ne se lassent jamais d’entendre parler de Développement Durable — DD pour les intimes — et de consommation responsable. C’est un magazine moderne dans son style et sa présentation, alternant brèves et d’articles, ce qui est propice à une lecture aisée, rapide et agréable.

A la signature, on retrouve souvent des noms connus dans le monde du DD, comme Alice Audouin, responsable du développement durable chez Havas Média, Elizabeth Pastore-Reiss, fondatrice du cabinet Ethicity, ou l’équipe de Mes Courses pour la Planète.
Neo-Planète est gratuit et existe en version papier (recyclé) ou en ligne. On peut alors le lire sur le site ou bien le télécharger en pdf. Il existe même une version pour malvoyants et il est également possible d’écouter le magazine ! Je tiens à souligner et à féliciter cet effort en matière d’accessibilité, ce qui est encore trop rare de nos jours. La version papier est distribuée dans des bureaux de Poste, des magasins Truffaut et Virgin, et des maternités. On trouve une liste détaillée des lieux de distribution sur le site.
Mais Neo-Planète ne s’arrête pas là ! C’est également un site complet, où l’on peut trouver des infos sur tous les sujets liés au Développement Durable et à l’éco-consommation, une web-radio (podcastable sur Itunes) avec de nombreux entretiens et chroniques à écouter, ainsi que de nombreuses vidéos. Et puisque Neo-Planète est résolument moderne, il est évidemment présent sur Facebook et Twitter, et propose même une application Iphone !
Je félicite l’équipe de ce journal qui apporte la preuve qu’écologie et modernité sont indéniablement liés !