Ordinateur inactif : laisser en veille ou éteindre ?


C’est une question que je me pose depuis longtemps : lorsqu’on ne va pas utiliser l’ordinateur pendant un certain temps, par exemple pour la pause déjeuner, vaut-il mieux le mettre en veille ou l’éteindre ? Et après combien de temps d’inactivité ?

Pour répondre à cette question, il est nécessaire de connaître la consommation d’un ordinateur allumé, et de comparer ce chiffre avec la consommation en veille. On considère évidemment que la consommation de l’ordinateur éteint est nulle (ou quasi nulle).


Les différents modes de veille

Mes recherches m’apprennent tout d’abord qu’il existe plusieurs modes de veille :
- veille
- veille prolongée
- veille hybride (sur les PC fixes équipés de Windows Vista ou une version ultérieure)

  • La veille met l’ordinateur en état d’économie d’énergie. L’écran s’éteint, mais l’ordinateur reste allumé. Ainsi il se remet en route très rapidement lorsque vous souhaitez rependre le travail. Il faut le différencier de l’écran de veille, qui évite de laisser une image fixe sur l’écran.
  • La veille prolongée est proche de l’ordinateur éteint. D’après le site de Windows, c’est un mode conçu principalement pour les ordinateurs portables. Les documents et programmes ouverts sont enregistrés sur le disque dur, puis l’ordinateur se met hors tension. La consommation d’énergie est alors quasi nulle.
  • La veille hybride est à mi-chemin entre veille et veille prolongée : tous les documents et programmes ouverts sont mis en mémoire et sur le disque dur. L’ordinateur se met alors en basse consommation. Ce mode permet de rallumer l’ordinateur très rapidement, sans toutefois risquer de perdre des données en cas de coupure de courant.

La veille hybride est aujourd’hui sélectionnée par défaut sur les ordinateurs de bureau, mais il est possible de modifier ce paramètre si on le souhaite.

Consommation en veille

Le mode veille n’éteint pas l’ordinateur, seulement l’écran. La consommation reste donc élevée puisque, comme nous l’avons vu dans notre article sur la consommation des PC, un ordinateur consomme de 50 à 140W sans l’écran. L’avantage est qu’on peut sortir de la veille en seulement quelques secondes, et reprendre son travail très rapidement.

Dans le mode veille prolongée, la consommation est quasi nulle, puisque l’ordinateur est presque éteint. Il pourrait sembler très utile de choisir ce mode de veille. Néanmoins, comme nous l’avons vu, ce mode a été conçu particulièrement pour les ordinateurs portables. Dans le cas des ordinateurs fixes, je ne suis pas certaine que cela soit véritablement avantageux. J’ai testé ce mode à plusieurs reprises et j’ai mis à chaque fois beaucoup de temps à sortir de la veille prolongée. Il m’a fallu à peu près le même temps pour reprendre mon travail que si je démarrais l’ordinateur. Dans ce cas, autant éteindre l’ordinateur complètement.

Le mode de veille hybride, d’après le site Winmacsofts, consomme environ 5W, ce qui est très peu par rapport à un ordinateur en marche. L’avantage, pour un ordi fixe, est qu’on sort assez rapidement de la veille et qu’on peut reprendre le travail en moins d’une minute.
Il faut toutefois à noter que les modes de veille hybride et prolongée ne permettent pas un « nettoyage » de la mémoire RAM. Il est donc recommandé d’éteindre son ordinateur de temps à autre. De plus, la sortie de veille est parfois imparfaite et le son ou la connexion internet sont perdues, ce qui amène alors à redémarrer l’ordinateur.

Quelle veille choisir et quand ?

Nous connaissons à présent la consommation des différents modes de veille : 
- veille : 50 à 140W
- veille hybride : 5W
- veille prolongée : 0W
Il nous reste à connaître la consommation d’un ordinateur au démarrage, afin de savoir quand il est pertinent d’éteindre l’ordinateur plutôt que le laisser en veille. D’après WinMacSofts, un PC portable consomme 63W à l’allumage, et un PC fixe 165W. Cependant, il s’agit d’un pic de consommation qui ne dure que quelques minutes au plus.

Le calcul est simple : si on laisse son ordinateur allumé pendant 1h, il consommera en moyenne 100W. Si on le laisse en veille hybride : 5W + l’allumage, avec un retour au travail très rapide (puisqu’il n’est pas nécessaire de fermer/ouvrir les programmes). Si on éteint l’ordinateur : 0W + l’allumage, avec un temps plus long pour la reprise du travail (chez moi, près de 5 min).

Conclusion

Ainsi, le choix de mettre en veille ou éteindre dépend de la rapidité avec laquelle vous souhaitez pouvoir reprendre le travail. Mais il semble évident que même pour une pause relativement courte (20-30 min), il est plus économique de ne pas laisser l’appareil allumé.
Pour ma part, je privilégie la veille hybride afin de reprendre le travail rapidement. J’ai décidé de mettre l’ordinateur en veille dès que je le laisse pour au moins 20 minutes. Si je sais que je vais le réutiliser dans la journée, je le laisse en veille. En revanche, je l’éteins pendant la nuit, non seulement parce qu’il va rester inactif pendant près de 10h, mais également pour « nettoyer » la RAM.

J’ai également paramétré la veille pour les périodes d’inactivité plus courtes. Au bout de 5 min d’inactivité, l’écran s’éteint, et au bout de 20 minutes, il passe automatiquement en veille hybride.

Ces différentes habitudes permettront, je l’espère, de réduire significativement ma consommation électrique.

Sources :

Windows – Veille et veille prolongée : Forum aux Questions
WinMacSofts – Belkin Conserve Insight : Le test et le point sur la consommation de vos périphériques
Forum CNet France – Veille prolongée ou éteindre le PC ?

Papier alu, film alimentaire : par quoi les remplacer ?


Pour protéger et conserver ses aliments, on a pris l’habitude d’utiliser du film alimentaire ou du papier aluminium. Aujourd’hui, je souhaite supprimer ces éléments de ma cuisine pour deux raisons :
- parce que ce sont des éléments jetables et que je préfère valoriser le durable
- parce qu’il est de plus en plus souvent question de la toxicité du plastique et de l’aluminium

Emballer ses restes d’aliments
Il n’existe à ma connaissance pas vraiment d’équivalent durable au film plastique que l’on va poser sur le bol contenant un reste de sauce. La seule solution consiste à placer les aliments dans une boîte hermétique. Cependant, la fameuse Tupperware n’est pas plébiscitée puisqu’elle est en plastique et donc potentiellement toxique. Néanmoins, dans un premier temps, j’ai décidé de continuer à utiliser ces boîtes, à la seule condition de ne pas les faire chauffer (car la chaleur augmente le risque).

Durable, mais potentiellement toxique
Il est préférable d’utiliser des récipients en verre pour leur innocuité et la possibilité de les faire chauffer sans risque, y compris au micro-ondes. Cependant, en général, même les boîtes en verre sont toute de même vendues avec un couvercle en plastique.
Mieux, mais il y a encore un peu de plastique

Une autre possibilité est de réutiliser des bocaux en verre, avec couvercle en métal. Il est simple de récupérer les pots de confiture vides ou les bocaux de légumes cuisinés.

L’idéal, et en plus c’est de la récup !
Emballer son sandwich
Curieusement, les concepteurs de nouveaux produits semblent s’être sentis d’avantage concernés par le problème de l’emballage du sandwich. On découvre ici un certain nombre d’innovations intéressantes. 
On trouve par exemple cet emballage en plastique recyclé, garanti sans BPA ni phtalate.
Emballage de sandwich en plastique non toxique
Ou encore cet emballage en tissu, qui a un double avantage : protéger le sandwich lors du transport, et servir de nappe lors du repas. Je trouve cette idée plutôt ingénieuse, notamment lorsqu’on emporte son sandwich pour déjeuner au bureau, comme l’illustre la vidéo : 


Cependant, la boîte Tupperware peut là encore être utilisée dans un premier temps.


Des emballages écologiques
Il reste donc encore pas mal de travail à faire dans le domaine des emballages écologiques. L’idéal serait d’inventer des emballages réutilisables, et qui ne présentent aucune toxicité. D’après ce billet datant de 2010, il existe un projet de recherche appelé Flexpakrenew dont le but est de créer un matériau d’emballage à base de ressources renouvelables, pour remplacer le film plastique. Le projet semble toujours en cours.

Le blog « L’emballage écologique » recense également quelques innovations dans le domaine de l’emballage éco-responsable. C’est un sujet vaste car les emballages sont partout : l’emballage du produit alimentaire, le sac offert par le commerçant, le restaurateur qui livre les repas, le colis et la protection du contenant, etc.
La simple question de départ « comment remplacer le film plastique ou le papier alu ? » nous amène donc vers un sujet beaucoup plus large qui est celui de l’emballage écologique.

Opération 10:10 : réduire son bilan carbone

Vous avez peut-être entendu parler de l’opération 10:10, lancée par la fondation Good Planet et médiatisée par le photographe Yann Arthus-Bertrand. Cette opération a pour but de faire baisser les émissions globales de CO2, en nous poussant tous à réduire notre bilan carbone de 10% en 2010 (d’où le 10:10). Chacun est invité à s’engager officiellement sur le site 10:10, qu’il s’agisse d’un individu, d’une famille, d’une organisation ou d’une entreprise.

Cette campagne a d’abord été lancée par la réalisatrice britannique Franny Armstrong et s’est ensuite étendue à de nombreux pays dans le monde, dont on peut trouver la liste sur le site 10:10 Global. En France, la campagne a été lancée officiellement le 5 juin dernier. Les médias en ont reparlé dernièrement, à l’occasion des festivités organisées le 10 octobre 2010 (10/10/10), date évidemment symbolique pour l’opération.

Pour participer à cette campagne, il suffit de s’inscrire sur le site 10:10. On s’engage alors à réduire de 10% ses émissions de CO2, par rapport aux 12 mois précédant la date d’engagement. Les entreprises, pour lesquelles la tâche est nettement plus ardue, peuvent choisir une date officielle d’engagement, comprise entre le 1er janvier et le 31 décembre 2010. Le but est de réduire réellement ses émissions. La compensation carbone n’est donc pas valable pour cette opération. De plus, l’idée est de mettre en place des actions pérennes, et pas simplement de réduire ses émissions pour une année. D’ailleurs, 10:10  ne s’arrête pas en 2010 : l’objectif réel est de réduire de 10% chaque année.

C’est ici que les choses se corsent. Car si on part de très haut dans la consommation de CO2, c’est-à-dire si l’on n’applique jusqu’à présent aucun geste écolo, baisser de 10% ne sera pas trop difficile. C’est d’ailleurs le discours de 10:10 aux particuliers. En revanche, si l’on a déjà changé ses habitudes depuis quelques années, réduire encore ses émissions semble plus compliqué. Regardons, pour mieux comprendre, les 10 gestes proposés par 10:10 aux particuliers :

  • Faites du vélo
  • Economisez sur le chauffage (en abaissant d’1°)
  • Economisez sur l’électricité (avec des ampoules à économie d’énergie)
  • Prenez moins l’avion
  • Mangez mieux (de saison et bio)
  • Achetez des produits de bonne qualité (qui durent longtemps)
  • Achetez local
  • Jetez moins
  • Economisez l’eau
  • Agir rend heureux (passez du temps en famille pour moins consommer)
Ces conseils n’ont rien de très nouveau. Ce sont  les grands classiques des gestes écolos. Dès lors, si on applique déjà ces gestes, que pourra-t-on faire pour réduire encore ses émissions ?
Je souligne au passage que le lien entre le geste proposé et les émissions de CO2 n’est pas toujours clair. Si on arrive à comprendre relativement facilement  le lien entre réduction des déchets et CO2 (les fumées des usines, par exemple), en ce qui concerne les économies d’eau, c’est moins évident. On a l’impression que ce sont simplement des gestes écolos qui sont proposés, et pas des gestes ayant pour but de réduire son bilan carbone. Quant au geste « agir rend heureux », je trouve l’image un peu gentillette. Oui, cela peut être très valorisant d’être dans l’action, mais je doute que ce soit un argument valable pour la plupart des gens (hormis ceux qui sont déjà convaincus). Ensuite, affirmer que passer du temps en famille, c’est moins consommer me semble assez peu réaliste. Car aujourd’hui le temps passé en famille est souvent lié à la consommation (de biens, de loisirs).

Malgré ces quelques critiques, je trouve que l’initiative est bonne, et je me suis engagée  à diminuer ma consommation de CO2. Très honnêtement, je pense que la tâche ne sera pas évidente, car j’applique déjà la plupart des gestes proposés. Il me faudra donc aller plus loin, et cela nécessitera sans doute d’approfondir le sujet des émissions carbones. Car pour pouvoir les réduire, encore faut-il en avoir pleinement conscience. De plus, pour prétendre diminuer de 10% mon bilan carbone, il est avant tout nécessaire de savoir quelle quantité j’émets jusqu’à présent. Ce sera pour moi l’occasion d’expérimenter les différents tests de bilan carbone.

Initiation au compostage

Pendant mes vacances, j’ai eu la chance de profiter d’un jardin muni d’un composteur. J’ai donc pu découvrir les principes du compostage, aidée du guide du compostage fourni par la commune, ainsi que du Larousse du jardinage bio.
L’idée est de décomposer les matières vivantes (fruits, légumes, déchets du jardin) afin de les utiliser comme engrais (le « compost »). C’est donc une des bases du jardinage bio, puisque, comme nous l’avons vu à propos l’agriculture biologique, le principe est de créer une sorte de « cyle de vie » : les restes de culture du jardin vont nourrir la terre, qui va faire pousser de nouvelles cultures, et ainsi de suite.
 
On peut donc mettre au compost tout ce qui vient du jardin, ou pourrait en venir : les fruits, les légumes (sans noyau ou pépin) et tous les déchets végétaux (tonte de pelouse, feuilles mortes, fleurs fanées, etc.). Mais on peut également y mettre tous nos restes de repas, à l’exception de la viande et du poisson — qui risqueraient d’attirer rongeurs et autres animaux — et des os et arêtes, trop difficiles à dégrader. Mais le pain et les pâtes vont au compost, de même que le marc de café (et le filtre), le thé (et le sachet), les coquilles d’oeufs, et bien sûr, toutes les épluchures.
Ce qui est plus surprenant, c’est qu’on peut également y mettre des mouchoirs et serviettes en papier, du sopalin, et même du papier journal ou des sacs en papier (découpés en petits morceaux). Cependant, ne voyons pas là une incitation à utiliser des serviettes en papier et du sopalin, dont l’usage n’est absolument pas écologique, puisqu’ils pourraient être remplacés par des éléments lavables et donc réutilisables. De même, il est certainement préférable de jeter les journaux au tri sélectif, afin qu’ils soient recyclés et réutilisés.
La recette du bon compost est en fait de mélanger matières humides et matières sèches  : les matières humides (déchets de cuisine, notamment) sont celles qui pourrissent le plus rapidement, tandis que les matières sèches (déchets de haies persistantes, cartons, journaux, etc.) se dégradent lentement. Il faut donc bien équilibrer son mélange pour que le compost soit réussi. Au bout de quelques mois, on obtient un résultat qui a l’aspect d’une terre foncée : le compost est alors prêt à être utilisé, mélangé à la terre ou bien en « paillis », c’est-à-dire appliqué en couche d’1 cm sur le sol.
Faire son compost n’est donc pas une tâche très compliquée, et la liste des ingrédients pouvant être compostés est finalement relativement courte. Le plus difficile en fait est de prendre cette nouvelle habitude de conserver ses déchets de cuisine, de mettre à part ce qu’on avait l’habitude de jeter à la poubelle. Mais après quelques jours, cela devient un réflexe. Et aujourd’hui, alors que je suis revenue à la vie sans composteur, je me rends compte de la quantité de déchets qui partent à l’incinérateur alors qu’ils pourraient être réutilisés.

Sources :
Larousse du jardin bio, ed. Larousse, 2007.
Vidéo : « Réaliser son compost », Truffaut.tv http://bit.ly/drLAEI
Vidéo : « Faire son compost » http://dai.ly/a3S4nv

Boîtes à oeufs : recyclables ou pas ?

Je me pose cette question car ma communauté de communes nous indique de ne pas mettre les boîtes à œufs dans le tri sélectif. Or Eco-emballages affirme le contraire. Alors faut-il les mettre au tri ou pas ?

Après une rapide recherche sur Internet, je m’aperçois qu’effectivement certaines communes indiquent de mettre les boîtes à œufs au tri, les classant avec le papier et le carton,  alors que d’autres indiquent de les jeter avec les ordures ménagères.

Alors pourquoi cette différence ? Je cherche alors à comprendre comment sont fabriquées ces boîtes. Je trouve un article qui mentionne l’entreprise Ecofeutre, qui fabrique des boîtes à œufs à partir de journaux et magazines recyclés. S’il s’agit simplement de papier recyclé, pourquoi ne pourrait-on pas les mettre au tri ?
Sur le site d’Ecofeutre, j’en apprends un peu plus sur la fabrication des boîtes. Elles sont fabriquées en cellulose moulée. La cellulose est une fibre naturelle qu’on trouve dans les végétaux, par exemple le bois. Elle sert notamment dans la fabrication de pâte à papier. Les boîtes à œufs sont donc tout simplement de la pâte à papier moulée, puis séchée.
Ne trouvant pas plus d’explication sur les raisons qui empêcheraient le tri des boîtes, je décide de contacter Eco-Emballages pour leur poser la question : ils me confirment que les boîtes d’œufs en cellulose sont recyclables. Alors comment expliquer que certaines collectivités indiquent de ne pas les mettre au tri ? La seule explication plausible viendrait d’une confusion avec les boîtes à œufs en plastique, qui, elles, ne sont pas recyclables. Cette confusion me surprend quand même car il est largement plus courant de vendre les œufs dans des boîtes en carton.
La conclusion de cette histoire est que les boîtes à œufs sont bien à mettre dans le poubelle de tri, et qu’il s’agit même d’un produit particulièrement écologique puisqu’il est réalisé à partir de papier recyclé, qui sera à nouveau réutilisé.
Sources :
Eco-Emballages : http://bit.ly/7F1m4
Vidéo : « Cellulose moulée. Comment c’est fait ? » http://dai.ly/bbBwEt
Sujet de mémoire sur la cellulose moulée : http://bit.ly/bQ8ynP

L’impossible retour en arrière

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Lors d’une conférence à Planète Durable, Anne-Sophie Novel, auteur du Guide du locavore, racontait son expérience de locavorisme et admettait qu’elle avait depuis abandonné certaines habitudes de locavore. Cela m’a rappelé l’ouvrage de Colin Beavan, No Impact Man, qui a poussé l’expérience à l’extrême en tentant de réduire autant que possible son empreinte carbone, et qui a lui aussi repris ses anciennes habitudes depuis.

En écoutant  Anne-Sophie Novel, je me suis dit que si tous deux avaient opéré un retour en arrière, c’est en raison de l’aspect extrémiste de leur expérience. Ce qu’ils cherchent à faire pour leur ouvrage est tellement éloigné de notre actuelle façon de vivre, et donc si difficile à appliquer au quotidien (à moins d’un changement de vie radical) qu’il est impossible à prolonger. On peut alors se demander quel est l’objectif véritable de leurs expériences : le résultat est plutôt négatif puisque cela n’incite pas à faire de même.
Mais j’ai aussi pris conscience qu’en ce qui me concerne — moi qui suis loin de ces extrémismes, et qui me contente de changer mes habitudes petit à petit — il serait à présent impossible de faire retour arrière. 
Parce que je ne pourrai plus faire comme si je ne savais pas. Ce que je trouve passionnant dans le Développement Durable, c’est qu’il oblige à s’interroger, à connaître l’histoire d’un produit du début à la fin. Dès lors que l’on a cette connaissance, on prend conscience de ce qu’implique chacun de nos gestes, chacun de nos achats. Et lorsque l’on décide de changer une de nos habitudes, il est impossible de revenir en arrière, car il faudrait redevenir inconscient pour l’accepter.
Le consommateur responsable ne se contente pas d’acheter un produit labellisé ; il cherche à comprendre ce qu’englobe l’acte d’achat. Et c’est cette prise de conscience qui fait toute la différence.

Eco-gestes : une question d’effort ?

 Adopter des pratiques écolo, est-ce facile ? Beaucoup nous disent que oui. Pourtant, on observe un décalage manifeste entre la prise de conscience qu’il est nécessaire de changer ses habitudes, et le passage à l’acte. Pourquoi ? Peut-être parce que certains gestes demandent plus d’effort que d’autres.

Selon moi, on peut classer les éco-gestes en trois catégories, selon l’effort à fournir :
  • facile : ce sont tous les gestes qui ne réclament aucun changement d’habitude, tout juste un changement de produit. Par exemple, remplacer sa lessive habituelle par une lessive écologique. L’offre étant maintenant importante dans les supermarchés, il n’est même pas nécessaire de changer de boutique.
  • moyen : ce sont les gestes qui réclament de modifier ses habitudes. Ils exigent plus d’effort, plus de volonté, parce que cela demande souvent du temps. Par exemple, arrêter l’eau sous la douche quand on se savonne, ou éteindre la lumière en sortant d’une pièce. « Les habitudes ont la vie dure », dit-on.
  • difficile : ce sont les gestes qui vont réclamer un effort particulier, qui marquent une volonté particulière de celui qui les adopte. Par exemple, apporter ses appareils usagés en déchetterie, ou ses bouteilles de verre dans un container.
Entendons-nous bien : pour moi, certains gestes de la catégorie « difficile » ne le sont pas forcément, mais cela vient du fait que je suis très volontaire sur le sujet. Cependant, j’ai conscience que pour beaucoup de gens, cela demande un effort qu’ils ne sont pas prêts à fournir.
Et c’est bien tout le problème des éco-gestes. Ceux qui sont convaincus de la nécessité de modifier notre façon de vivre ne trouvent pas que cela soit difficile à faire ; les autres, si. Ainsi, pour convaincre le plus grand nombre de changer ses habitudes, il faudra leur proposer un maximum de gestes « faciles », les encourager à mettre en place les gestes « moyens », mais aussi comprendre leur réticence à adopter les gestes « difficiles ».

Planète Durable : mon coup de coeur

Mon coup de cœur du salon Planète Durable, c’est la Moulibox ! Il s’agit d’un mini-composteur d’intérieur qui vous permettra à la fois de diminuer la part de vos déchets qui partiront à l’incinérateur et de vous initier au lombri-compostage, c’est-à-dire le recyclage des déchets organiques par les lombrics.
En effet, après commande sur le site www.moulibox.fr, vous recevrez une jolie boîte — fabriquée en France — contenant un sac de terreau bio et ses lombrics. Il ne vous reste plus qu’à les nourrir (l’équivalent d’une poignée par semaine) avec leurs mets préférés : fruits et légumes crus ou cuits, riz et pâtes, marc de café, sachets de thé…

Bien sûr, ce mini-composteur n’est pas comparable à un vrai lombri-composteur, et vous ne pourrez pas y mettre tous vos déchets organiques, loin de là. Il a surtout une vertu pédagogique, car il permet de comprendre le fonctionnement du lombri-compostage. Néanmoins, pour ceux qui comme moi ne disposent pas de l’espace nécessaire pour accueillir un lombri-composteur grand format, la Moulibox se présente comme une première étape intéressante : 10 kg de déchets en moins chaque année, c’est toujours mieux que rien !

D’autant que ce mini-composteur présente deux avantages : d’abord, au bout de quelques mois, vous pourrez récupérer le compost qui servira à fertiliser vos plantes ; ensuite, vous aurez la chance de voir pousser des plants de tomates, pommier, poirier ou autre (selon ce que vous y mettrez). Vous n’aurez alors plus qu’à les replanter et démarrer ainsi un nouveau cycle de vie !

Mieux trier pour mieux recycler

Ce billet est sans doute le premier d’une longue série consacrée au tri sélectif et au recyclage, car c’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Suite à mon passage sur le stand d’Eco-emballage au salon Planète Durable, ainsi qu’à la visite du centre de tri de Nanterre, je suis en mesure de vous proposer quelques conseils pour améliorer votre tri sélectif.
Les médias affirment que le tri est un éco-geste à présent bien ancré dans les habitudes des français. Pourtant, on remarque de nombreuses erreurs de tri –  y compris au salon Planète Durable ! — ce qui montre bien que ce geste n’est pas si simple qu’il en a l’air.
Selon moi, pour trier de manière efficace, il est nécessaire de comprendre ce qui va se passer ensuite, dans le centre de tri.
Voici quelques photos du centre de tri sélectif de Nanterre, que j’ai pu visiter dans le cadre de la Semaine du Développement Durable.
Les déchets sont apportés par les camions-bennes et entassés en vrac :
Une semaine de déchets de l’ouest parisien
Tous les déchets passent sur un premier tapis et sont triés manuellement: on retire d’une part les grands cartons, et d’autre part tout ce qui va partir à l’incinérateur — appelé le « refus ». Ne mettez pas vos déchets dans un sac : les opérateurs n’ont pas le temps de l’ouvrir ; ils l’envoient direct au refus.
Pré-tri manuel
Les déchets passent ensuite par une machine qui va séparer ce qui est plat (journaux, cartons) de ce qui est creux (bouteilles, flacons). Ils passent alors sur un deuxième tapis, afin d’être à nouveau triés manuellement.
Second tri manuel
Les déchets triés vont tomber dans de grands containers situés sous les lignes de tri, ce qui permettra de les récupérer facilement. On peut alors les emmener à la presse, matériau par matériau, afin de former des « balles, » qui pourront être envoyées chez un industriel chargé du recyclage.
Balles prêtes à être envoyées au recyclage
Mais le plus intéressant, lorsqu’on veut améliorer son tri, est d’observer le refus, c’est-à-dire tout ce qui va être renvoyé à l’incinérateur. On y trouve évidemment tout ce qui ne se recycle pas (sacs plastiques notamment), mais également ce qui pourrait être recyclé, mais qui est parti au refus pour différentes raisons : petits morceaux de papier, petites boîtes, bouteilles aplaties…
Grâce à cette observation, on peut déjà proposer quelques conseils pour mieux trier : inutile de jeter ce qui est trop petit, puisque cela partira de toutes façons à l’incinérateur. Et pour cette même raison :
  • ne déchirez pas de papier en petits morceaux
  • ne faites pas de boulettes de papier (si vous aimez froisser le papier pour vous déstresser, pensez à le défroisser !)
  • n’écrasez pas votre canette sous le pied pour l’aplatir
De même, il est important de jeter vos déchets en vrac. Et contrairement à ce qui est souvent recommandé, je dirais :
  • n’aplatissez pas ou n’écrasez pas vos bouteilles, surtout les petits formats
  • n’aplatissez pas vos petits emballages cartons afin d’augmenter les chances de recyclage
Et bien évidemment, il ne faut pas jeter n’importe quoi dans la poubelle de tri ! Si vous avez un doute, jetez dans la poubelle des déchets ménagers. Pour l’anecdote, on a vu passer un ordinateur portable sur le tapis du refus…
    Pour savoir précisément ce que l’on peut mettre dans sa poubelle de tri ou non, le site d’Eco-emballage est évidemment une formidable source d’information . Mais ce qui m’intéresse, c’est de comprendre pourquoi. Je tâcherai donc d’en apprendre plus sur chaque matériau afin de savoir ce qui est recyclé et ce qui ne l’est pas, de comprendre pourquoi certains matériaux ne sont pas recyclés, et enfin d’apprendre quelles sont les évolutions en matière de recyclage des déchets.
    Source :
    Eco-emballages www.ecoemballages.fr