Charte Cosmébio : les ingrédients

Cosmébio est une association créée en 2002 qui compte aujourd’hui plus de 200 adhérents pour plus de 4000 produits certifiés. J’ai lu la charte Cosmébio qui expose les grands principes de la cosmétique bio. L’idée générale est de fabriquer des cosmétiques tout en respectant l’environnement de manière globale, ce qui signifie que tout est important : du choix des ingrédients au processus de fabrication, en passant par l’emballage.

Ce que je remarque en premier lieu, ce sont les critères stricts dans le choix des ingrédients, ainsi que dans les procédés de transformation de ces ingrédients.
En effet, Cosmébio privilégie les matières premières végétales, de préférence biologiques, et exclut toute utilisation des OGM. 
Les matières premières minérales sont également acceptées, mais elles doivent être extraites dans des conditions respectueuses de l’environnement.
Les matières premières animales, c’est-à-dire extraites d’animaux vivants ou morts, sont interdites, et les sous-produits animaux (ex : miel, lait, cire d’abeille…) ne sont autorisés que s’ils ne mettent pas en cause directement la vie des animaux.
Les ingrédients de synthèse sont exclus, notamment les parfums et colorants synthétiques, les silicones et les ingrédients issus de la pétrochimie. Seules quelques conservateurs synthétiques sont autorisés, mais ils font partie d’une « liste positive », c’est-à-dire d’une stricte liste d’ingrédients.
Mais ce que j’ai découvert, ce sont les procédés de transformation des matières premières qui sont autorisés ou exclus. J’ai notamment compris leur importance sur le site de Cosmébio,  dans un petit tableau qui explique les termes employés en cosmétologie bio.
Selon Cosmébio, un ingrédient « bio » ou « naturel » est un ingrédient qui n’a pas été transformé, ou uniquement par des procédés physiques (ex : séchage, broyage, pression à froid, macération). 
Un ingrédient qui a subi une transformation chimique est dit « d’origine naturelle« . Pour Cosmébio, les seuls procédés autorisés sont des procédés chimiques simples, comme la fermentation ou l’oxydation, ou certains procédés chimiques complexes comme la saponification. Mais les procédés tels que la décoloration, la désodorisation ou l’irradiation sont interdits. 
Les ingrédients de synthèse pure sont dits  « non naturels« . Certains sont autorisés à condition d’être non polluants.
Cette première approche du label Cosmébio peut paraître technique et complexe, mais cela montre qu’il ne suffit pas de choisir des ingrédients issus du monde végétal pour faire un produit « naturel ». C’est essentiellement le mode de transformation du produit qui importe. Ainsi, si un ingrédient cultivé en agriculture biologique est transformé par un procédé chimique tel que la décoloration ou la désodorisation, il sera dénaturé et n’aura sans doute pas le même intérêt. C’est du moins le point de vue de Cosmébio.
A ce stade, et n’étant pas chimiste, je ne peux que me contenter de suivre et d’approuver ce point de vue. Cela dit, j’ai à présent envie d’en savoir plus et suis prête à m’intéresser d’un peu plus près à ces procédés de transformation. Pourquoi certains procédés sont exclus par Cosmébio et d’autres pas ? Et les autres labels ont-ils les mêmes définitions d’un ingrédient « bio » ou « naturel » ? Voilà les questions auxquelles je vais à présent tâcher de répondre.

Label bio : nouveau logo

Depuis le 1er juillet dernier, vous pouvez trouver ce nouveau logo du label bio européen , baptisé « Eurofeuille », sur tous les produits bio originaires de l’Union Européenne.

Pour choisir ce nouveau logo, la Commission Européenne avait lancé un grand concours auprès des jeunes européens.  Trois finalistes ont été sélectionnés par un jury de professionnels, mais ce sont les internautes qui ont voté pour leur logo préféré. C’est en février dernier que le logo gagnant, créé par un jeune allemand, a été désigné.
 
Ancien logo
Ce nouveau logo remplace donc l’ancien logo du bio européen. Mais jusqu’à présent, ce logo était facultatif et pouvait être remplacé par un logo national.  C’est pourquoi en France, on trouvait plus souvent le logo AB, bien connu des consommateurs. A présent, le logo européen est obligatoire, mais il peut toujours être accompagné du logo national ou d’un logo privé (ex: Demeter, Nature et Progrès).
On peut donc le trouver sur tous les produits emballés issus de l’Union Européenne. Les produits bio importés ne peuvent le faire figurer. Ainsi, on peut visualiser d’un coup d’oeil les produits européeens.
Cependant, j’avoue rester sceptique sur cet aspect. Je lis dans l’article de Suite 101 que le logo est facultatif lorsque le produit est issu de pays hors Union Européenne, mais transformé en Europe. Ainsi, si un produit est transformé en Europe, mais qu’une partie de ses ingrédients vient d’ailleurs, le logo sera apposé (je doute qu’on choisisse de ne pas le mettre). Pourtant, il ne s’agira pas véritablement d’un produit européen. De plus, si l’on cherche à acheter européen dans le but de diminuer son bilan carbone, ce produit ne correspondra pas à nos attentes.
Je m’interroge également quand je lis que ce logo est obligatoire sur les produits emballés. Mais qu’en est-il des fruits et légumes ? Une fois de plus, j’ai le sentiment qu’il nous faudra rester méfiant et ne pas faire confiance aveuglément aux labels.


Sources
:
- Blog Logo en Vue : « L’arrivée du logo européen sur le packaging des produits issus de l’agriculture biologique ». http://bit.ly/al8lsc
- Shop Ecolo : « Le nouveau logo du label AB européen est arrivé ». http://bit.ly/a4nCKA
- Suite 101 : « Le nouveau label bio européen ». http://bit.ly/dhKTMo

Cosmétiques bio : la ronde des labels

En matière de cosmétiques bio, on remarque l’apparition de nouvelles marques ou de nouveaux produits à peu près toutes les semaines. Il s’agit là d’un véritable phénomène de mode, ou plus exactement de marketing. Les fabricants de cosmétiques ont bien noté l’engouement des consommateurs pour des cosmétiques plus naturels et exempts de certains ingrédients, notamment les parabens. Face à cette offre pléthorique de produits, il devient indispensable de comprendre ce que l’on achète et de séparer le bon grain de l’ivraie.

Je ne vous cache pas que la thématique des cosmétiques bio est l’un de mes sujets favoris. J’ai donc déjà certaines connaissances sur le sujet. Et pourtant, je me pose encore de nombreuses questions, et je crains surtout de me faire rouler, en achetant des produits qui ne correspondent pas à mes attentes, c’est-à-dire des produits écologiques et de qualité.
Il convient tout d’abord de différencier les produits naturels des produits bio. Alors que le grand public utilise souvent le terme bio à tout va, je ne considère comme bio que les produits labellisés. Les produits dits naturels sont simplement des produits dont les ingrédients sont majoritairement issus des plantes et non de la chimie. Mais cette notion est très floue, puisqu’il n’y a aucune réglementation en la matière.
Les produits labellisés suivent un cahier des charges. Ils sont donc plus rassurants pour celui ou celle qui cherche des produits vraiment naturels car en général, l’utilisation d’ingrédients issus de la chimie est très limitée. Mais c’est là que les choses se compliquent, car le nombre de labels apposés sur les cosmétiques est étourdissant.

En France, le plus connu est celui de Cosmébio : on le trouve sur la plupart des cosmétiques bio vendus en France. Mais il existe également le label allemand BDIH, qu’on trouve sur les marques allemandes comme Logona ou Lavera. Il est souvent plus discret et à l’arrière de l’emballage, contrairement au Cosmébio qui est très visible. Il existe également les labels Ecocert et Nature et Progrès. Et le petit dernier, c’est le label européen NaTrue : il est né d’une volonté de créer un label unique, valable pour tous les cosmétiques bio en Europe. Mais à ce jour, il ne semble pas avoir convaincu grand monde et, à ma connaissance, la seule marque portant le label  NaTrue est Weleda.

Connaître ces labels permet certes d’identifier les produits en magasin, mais cela ne nous dit rien sur leurs points communs ou leurs différences. De même, au sein d’un même label, tous les produits ne sont pas comparables ; il y a forcément des différences de qualité entre les produits certifiés Cosmébio, le label que nous rencontrons le plus souvent. Je vais donc m’informer sur les cahiers des charges de ces divers labels afin de trouver les éléments qui permettront de sélectionner les meilleurs produits.

Bio Cohérence : un nouveau label bio

En avril dernier, des acteurs du bio se sont réunis et ont décidé de créer un nouveau label bio : Bio Cohérence. Nous devrions le trouver en magasin dès l’année prochaine.
Je ne vais pas aborder ici le sujet de la multiplicité des labels, sujet sur lequel il y a pourtant beaucoup à dire, et sur lequel je reviendrai sans doute ultérieurement. J’aimerais plutôt me pencher sur ce que l’arrivée de ce nouveau label permet de comprendre à propos du label bio actuel.

Que propose le label Bio Cohérence par rapport au label AB ?
  • des fermes qui ne produisent qu’en bio
  • des animaux nourris exclusivement en bio
  • une alimentation animale produite majoritairement dans la ferme
  • des produits 100% bio
  • une interdiction totale des OGM
Si ces critères sont mis en avant, c’est parce qu’ils ne sont pas remplis par le label bio actuel. En effet, comme je l’ai expliqué à propos de la réglementation sur le bio, depuis le 1er janvier 2009, seule la réglementation européenne est appliquée. Auparavant, on y ajoutait un cahier des charges français, qui était plus strict que le cahier des charges européen.
Le label Bio Cohérence reprend donc cet ancien cahier des charges, en allant parfois même un peu plus loin. Si l’on reprend les critères mis en avant par Bio Cohérence, on en apprend un peu plus sur le bio actuel :
  • des fermes qui ne produisent qu’en bio : selon le label européen, on peut tout à fait avoir une ferme avec une parcelle bio et une parcelle non-bio. Le problème est certainement le risque de contamination d’une parcelle à l’autre, même si le texte prévoit de bien séparer les parcelles.
  • des animaux nourris exclusivement en bio : on en déduit que les animaux n’ont pas une alimentation 100% bio. Je ne sais pas s’il y a un pourcentage minimum. Dans la réglementation, je n’ai pas trouvé de chiffre, juste qu’ « une partie de la ration peut contenir des aliments provenant d’exploitations en conversion » et que « les matières premières [...] non biologiques [...] ne sont utilisé[e]s que si [elles] ont fait l’objet d’une autorisation d’utilisation« .
  • une alimentation animale produite majoritairement dans la ferme : c’est également ce qui est écrit dans la réglementation européenne. A moins de décider d’un seuil minimal, je ne vois pas vraiment la différence entre les deux labels. Mais l’idée est évidemment de diversifier les cultures dans une même ferme. L’éleveur devra également cultiver les fourrages pour ses animaux.
  • des produits 100% bio : actuellement, un produit peut porter le label bio à partir de 95% d’ingrédients bio. C’est d’ailleurs un des seuls chiffres que j’aie trouvé dans la réglementation européenne.
  • une interdiction totale des OGM : c’est le point de discorde par rapport à la réglementation actuelle. Le cahier des charges français autorisait 0.1% d’OGM. Aujourd’hui, c’est 0.9%. Le label Bio cohérence souhaite donc aller plus loin que l’ancien cahier des charges, et refuse toute contamination.
Ce label va ainsi nous permettre de sélectionner les produits qui répondent à ces critères, qui sont en fait ceux que l’on recherche lorsqu’on achète un produit bio. En effet, nous croyons à tort qu’acheter bio nous permet d’éviter les OGM ou qu’un produit bio est forcément 100% bio. Or nous voyons ici que ce n’est pas le cas et que nous sommes en quelque sorte « trompés sur la marchandise ». 
Mais il ne faut pas croire que les producteurs se contentent d’appliquer la réglementation européenne ; c’est notamment le cas de tous ceux qui se sont réunis pour créer Bio Cohérence. Car aujourd’hui, rien ne nous permet de différencier le produit bio « de base » de celui qui l’est un peu plus. De ce point de vue, ce nouveau label a donc tout à fait sa place.
Sources :
- Biocontact, « Bio cohérence, une nouvelle marque bio française », n°202, mai 2010, p8.
- Actu-Environnement, « Bio cohérence : un nouveau label, plus bio que bio? » http://bit.ly/aUYPi2
- Cdurable.info, « Bio cohérence : la marque des produits 100% bio » http://bit.ly/bdTMce
- Novethic, « Les producteurs bio lancent un nouveau label privé » http://bit.ly/bmmGBD

Label AB : réglementation européenne

A la lecture de ces 23 pages de réglementation, je dois dire que je suis assez déçue. Alors que je m’attendais à trouver des indications très précises, des chiffres, des listes de produits autorisés ou interdits (ou un lien vers la liste de ces produits), j’ai eu le sentiment de lire 23 pages de « théorie » sur le bio. Sans doute est-ce le style des réglementations ; il est vrai que je n’ai pas vraiment l’habitude d’en lire !
Ce qu’on remarque dans les premières pages, qui établissent les « principes » de l’agriculture biologique, c’est l’utilisation du conditionnel, qui donne l’impression que l’application de ces principes est souhaitable, mais pas obligatoire. Là encore il s’agit peut-être du style employé pour rédiger ce type d’écrit.
Alors, qu’ai-je appris en lisant cette réglementation ? Et bien à vrai dire, j’ai l’impression de ne pas en savoir beaucoup plus qu’avant. On va bien sûr trouver les grands principes du bio, et pour commencer sa définition :
La production biologique est un système global de gestion agricole et de production alimentaire qui allie les meilleurs pratiques environnementales, un haut degré de biodiversité, la préservation des ressources naturelles, l’application de normes élevées en matière de bien-être animal et une méthode de production respectant la préférence de certains consommateurs à l’égard de produits obtenus grâce à des substances et à des procédés naturels.

On comprend également que l’idéal du bio est un « cycle de vie » : l’agriculteur va cultiver ses fourrages, qui vont nourrir ses animaux, dont les déjections vont enrichir la terre, qui va faire pousser les fourrages, etc.
Pour le reste, le texte est obscur au possible. Par exemple, sur la question des OGM, j’avais entendu, notamment dans le documentaire Si beau le bio?, que cette réglementation acceptait jusqu’à 0.9% d’OGM dans le bio. Or, ce chiffre n’est mentionné nulle part dans la réglementation. Dans les principes du bio, on va trouver la phrase suivante :
Les organismes génétiquement modifiés (OGM) [...] sont incompatibles avec le concept de production biologique [...]. Ils ne devraient donc être utilisés ni dans l’agriculture biologique ni dans la transformation des produits biologiques.

Suivi de :
L’objectif est d’avoir une présence d’OGM dans les produits biologiques aussi réduite que possible. Les seuils d’étiquetage existants constituent des plafonds qui sont exclusivement liés à la présence fortuite et techniquement inévitable d’OGM.

Effectivement, on comprend de ces phrases que la présence d’OGM est acceptée. Mais nulle mention d’un chiffre, même dans l’article dédié à ce sujet et intitulé « Interdiction d’utilisation des OGM ». En revanche, on nous renvoie à la lecture d’autres réglementations. Sans doute trouve-t-on la mention de ce chiffre dans l’une d’entre elle.
Il est alors évident que la seule lecture de cette réglementation ne peut suffire à comprendre réellement ce qu’implique la production de produits issus de l’agriculture biologique, non seulement parce que cette réglementation renvoie à de nombreuses autres, mais aussi parce qu’un décryptage de ce texte semble nécessaire.
Je vais donc poursuivre mes investigations en me penchant sur les autres textes, mais également en cherchant des clés de compréhension en dehors de ces réglementations.