Papier alu, film alimentaire : par quoi les remplacer ?


Pour protéger et conserver ses aliments, on a pris l’habitude d’utiliser du film alimentaire ou du papier aluminium. Aujourd’hui, je souhaite supprimer ces éléments de ma cuisine pour deux raisons :
- parce que ce sont des éléments jetables et que je préfère valoriser le durable
- parce qu’il est de plus en plus souvent question de la toxicité du plastique et de l’aluminium

Emballer ses restes d’aliments
Il n’existe à ma connaissance pas vraiment d’équivalent durable au film plastique que l’on va poser sur le bol contenant un reste de sauce. La seule solution consiste à placer les aliments dans une boîte hermétique. Cependant, la fameuse Tupperware n’est pas plébiscitée puisqu’elle est en plastique et donc potentiellement toxique. Néanmoins, dans un premier temps, j’ai décidé de continuer à utiliser ces boîtes, à la seule condition de ne pas les faire chauffer (car la chaleur augmente le risque).

Durable, mais potentiellement toxique
Il est préférable d’utiliser des récipients en verre pour leur innocuité et la possibilité de les faire chauffer sans risque, y compris au micro-ondes. Cependant, en général, même les boîtes en verre sont toute de même vendues avec un couvercle en plastique.
Mieux, mais il y a encore un peu de plastique

Une autre possibilité est de réutiliser des bocaux en verre, avec couvercle en métal. Il est simple de récupérer les pots de confiture vides ou les bocaux de légumes cuisinés.

L’idéal, et en plus c’est de la récup !
Emballer son sandwich
Curieusement, les concepteurs de nouveaux produits semblent s’être sentis d’avantage concernés par le problème de l’emballage du sandwich. On découvre ici un certain nombre d’innovations intéressantes. 
On trouve par exemple cet emballage en plastique recyclé, garanti sans BPA ni phtalate.
Emballage de sandwich en plastique non toxique
Ou encore cet emballage en tissu, qui a un double avantage : protéger le sandwich lors du transport, et servir de nappe lors du repas. Je trouve cette idée plutôt ingénieuse, notamment lorsqu’on emporte son sandwich pour déjeuner au bureau, comme l’illustre la vidéo : 


Cependant, la boîte Tupperware peut là encore être utilisée dans un premier temps.


Des emballages écologiques
Il reste donc encore pas mal de travail à faire dans le domaine des emballages écologiques. L’idéal serait d’inventer des emballages réutilisables, et qui ne présentent aucune toxicité. D’après ce billet datant de 2010, il existe un projet de recherche appelé Flexpakrenew dont le but est de créer un matériau d’emballage à base de ressources renouvelables, pour remplacer le film plastique. Le projet semble toujours en cours.

Le blog « L’emballage écologique » recense également quelques innovations dans le domaine de l’emballage éco-responsable. C’est un sujet vaste car les emballages sont partout : l’emballage du produit alimentaire, le sac offert par le commerçant, le restaurateur qui livre les repas, le colis et la protection du contenant, etc.
La simple question de départ « comment remplacer le film plastique ou le papier alu ? » nous amène donc vers un sujet beaucoup plus large qui est celui de l’emballage écologique.

Poissons : on achète quoi ?

Nous avons tous entendu parler des problèmes de surpêche, et nous savons que certaines espèces de poissons sont menacées d’extinction pour cette raison. L’espèce en danger la plus médiatisée, c’est évidemment le thon rouge. Aujourd’hui quasiment tout le monde (écolo comme non écolo) sait qu’il ne faudrait plus en manger. Mais ce n’est évidemment pas la seule espèce en danger.
Pour ma part, si je sais depuis longtemps que de nombreuses espèces de poissons ne devraient plus être consommées, j’avoue avoir du mal à en retenir la liste. J’ai trouvé il y a quelques temps l’éco-guide du WWF, très pratique car on peut le glisser dans son sac, pour l’avoir toujours sous la main quand on fait ses courses. Le problème, c’est qu’arrivée au rayon poissonnerie, je ne trouve quasiment rien figurant dans la liste verte, tout juste quelques espèces de la liste orange. Au final, je ne sais plus quoi acheter. Je suis persuadée que la liste verte du WWF pourrait être allongée, et j’ai besoin de savoir ce que je peux acheter à la poissonnerie sans nuire à l’environnement.
Une chose est certaine, je ne vais pas pouvoir vous présenter une solution toute simple : en effet, acheter du poisson « durable » est très compliqué ! On ne peut pas se contenter de dresser une liste des poissons à  consommer ou à éviter. Grâce à un article du site Eauzone.tv, ainsi qu’à la fiche-produit du site Mes Courses pour la Planète, j’ai relevé les 6 critères importants :
  • pour savoir si l’espèce est menacée, il faut connaître son nom scientifique.
  • l’origine du poisson est très importante. Par exemple, si les stocks de  sole sont en général très faibles, on peut tout de même consommer sans complexe la sole issue de la Manche orientale (sole de Hastings dans l’éco-guide du WWF).
  • la technique de pêche compte également. Le chalutage est une technique très destructrice : un filet est traîné par un navire et racle le sol, détruisant les fonds et tout ce qui y vit. D’ailleurs, 1/3 de ce qui est pris par le filet est considéré comme « annexe », c’est-à-dire non commercialisable, et est rejeté, mort, dans la mer. Il vaut mieux privilégier la pêche à la ligne.
  • le critère de taille du poisson doit être respecté. Idéalement, il faudrait attendre que les animaux aient atteint une taille suffisante pour la reproduction. Mais cette taille est bien supérieure à la taille minimale exigée pour la commercialisation.
  • il faut privilégier le label MSC (Marine Stewardship Council) quand on le trouve, ce qui n’est pas encore si fréquent.
  • il ne faut pas consommer de poisson pêché pendant les périodes de reproduction. On trouve un calendrier de ces périodes dans le guide « Et ta mer, t’y penses » de Greenpeace.

De ces critères, je retiens surtout qu’il va falloir se rappeler à la fois le nom des poissons à privilégier / éviter, ainsi que leur origine, et qu’il faudra se renseigner auprès du poissonnier pour savoir comment ils ont été pêchés. Je comprends mieux pourquoi le conso-guide du WWF est si compliqué à lire.

Pour ce qui est des poissons, je retiens tout de même que la première espèce menacée est le cabillaud, parce que la plus consommée au monde. Au rythme où l’on va, l’espèce sera éteinte en 2020. A l’inverse, dans une vidéo du site Eauzone.tv, j’apprends qu’on peut manger sans hésiter du maquereau, du lieu noir ou du lieu jaune.
Enfin, je découvre le Guide Alliance Produits de la Mer. Ce guide est extrêmement complet, mais il s’adresse principalement aux professionnels, comme les restaurateurs, qui sont amenés à acheter de grandes quantités de poissons. Je ferai un compte rendu de ce guide dans un prochain billet.
A l’issue de ce billet, j’ai le sentiment d’avoir peu avancé. Mais cela reflète une réalité : aller à la poissonnerie est devenu tout sauf simple et acheter du poisson issu de la pêche durable nécessite d’ingérer un grand nombre de connaissances sur le sujet ! Je vais donc continuer à faire mes courses avec l’éco-guide du WWF (et je vous invite à l’imprimer pour faire de même), en attendant de devenir une experte des poissons, mollusques et crustacées !

Sources :
- Eauzone.tv : « 5 repères pour consommer du poisson durable » http://bit.ly/bwOv6x
- [vidéo] Eauzone.tv : Maquereaux à gogo ! » http://bit.ly/ccH36C
- Mes Courses pour la Planète : Fiche-produit « le poisson » http://bit.ly/9URb4B
- Conso-guide WWF « Pour une pêche durable » http://bit.ly/ateoS9
- Guide Greenpeace « Et ta mer, t’y penses » http://bit.ly/9Y0eXE
- Guide Alliance Produits de la mer 2010 http://bit.ly/bk5DXP

Label bio : nouveau logo

Depuis le 1er juillet dernier, vous pouvez trouver ce nouveau logo du label bio européen , baptisé « Eurofeuille », sur tous les produits bio originaires de l’Union Européenne.

Pour choisir ce nouveau logo, la Commission Européenne avait lancé un grand concours auprès des jeunes européens.  Trois finalistes ont été sélectionnés par un jury de professionnels, mais ce sont les internautes qui ont voté pour leur logo préféré. C’est en février dernier que le logo gagnant, créé par un jeune allemand, a été désigné.
 
Ancien logo
Ce nouveau logo remplace donc l’ancien logo du bio européen. Mais jusqu’à présent, ce logo était facultatif et pouvait être remplacé par un logo national.  C’est pourquoi en France, on trouvait plus souvent le logo AB, bien connu des consommateurs. A présent, le logo européen est obligatoire, mais il peut toujours être accompagné du logo national ou d’un logo privé (ex: Demeter, Nature et Progrès).
On peut donc le trouver sur tous les produits emballés issus de l’Union Européenne. Les produits bio importés ne peuvent le faire figurer. Ainsi, on peut visualiser d’un coup d’oeil les produits européeens.
Cependant, j’avoue rester sceptique sur cet aspect. Je lis dans l’article de Suite 101 que le logo est facultatif lorsque le produit est issu de pays hors Union Européenne, mais transformé en Europe. Ainsi, si un produit est transformé en Europe, mais qu’une partie de ses ingrédients vient d’ailleurs, le logo sera apposé (je doute qu’on choisisse de ne pas le mettre). Pourtant, il ne s’agira pas véritablement d’un produit européen. De plus, si l’on cherche à acheter européen dans le but de diminuer son bilan carbone, ce produit ne correspondra pas à nos attentes.
Je m’interroge également quand je lis que ce logo est obligatoire sur les produits emballés. Mais qu’en est-il des fruits et légumes ? Une fois de plus, j’ai le sentiment qu’il nous faudra rester méfiant et ne pas faire confiance aveuglément aux labels.


Sources
:
- Blog Logo en Vue : « L’arrivée du logo européen sur le packaging des produits issus de l’agriculture biologique ». http://bit.ly/al8lsc
- Shop Ecolo : « Le nouveau logo du label AB européen est arrivé ». http://bit.ly/a4nCKA
- Suite 101 : « Le nouveau label bio européen ». http://bit.ly/dhKTMo

Bio Cohérence : un nouveau label bio

En avril dernier, des acteurs du bio se sont réunis et ont décidé de créer un nouveau label bio : Bio Cohérence. Nous devrions le trouver en magasin dès l’année prochaine.
Je ne vais pas aborder ici le sujet de la multiplicité des labels, sujet sur lequel il y a pourtant beaucoup à dire, et sur lequel je reviendrai sans doute ultérieurement. J’aimerais plutôt me pencher sur ce que l’arrivée de ce nouveau label permet de comprendre à propos du label bio actuel.

Que propose le label Bio Cohérence par rapport au label AB ?
  • des fermes qui ne produisent qu’en bio
  • des animaux nourris exclusivement en bio
  • une alimentation animale produite majoritairement dans la ferme
  • des produits 100% bio
  • une interdiction totale des OGM
Si ces critères sont mis en avant, c’est parce qu’ils ne sont pas remplis par le label bio actuel. En effet, comme je l’ai expliqué à propos de la réglementation sur le bio, depuis le 1er janvier 2009, seule la réglementation européenne est appliquée. Auparavant, on y ajoutait un cahier des charges français, qui était plus strict que le cahier des charges européen.
Le label Bio Cohérence reprend donc cet ancien cahier des charges, en allant parfois même un peu plus loin. Si l’on reprend les critères mis en avant par Bio Cohérence, on en apprend un peu plus sur le bio actuel :
  • des fermes qui ne produisent qu’en bio : selon le label européen, on peut tout à fait avoir une ferme avec une parcelle bio et une parcelle non-bio. Le problème est certainement le risque de contamination d’une parcelle à l’autre, même si le texte prévoit de bien séparer les parcelles.
  • des animaux nourris exclusivement en bio : on en déduit que les animaux n’ont pas une alimentation 100% bio. Je ne sais pas s’il y a un pourcentage minimum. Dans la réglementation, je n’ai pas trouvé de chiffre, juste qu’ « une partie de la ration peut contenir des aliments provenant d’exploitations en conversion » et que « les matières premières [...] non biologiques [...] ne sont utilisé[e]s que si [elles] ont fait l’objet d’une autorisation d’utilisation« .
  • une alimentation animale produite majoritairement dans la ferme : c’est également ce qui est écrit dans la réglementation européenne. A moins de décider d’un seuil minimal, je ne vois pas vraiment la différence entre les deux labels. Mais l’idée est évidemment de diversifier les cultures dans une même ferme. L’éleveur devra également cultiver les fourrages pour ses animaux.
  • des produits 100% bio : actuellement, un produit peut porter le label bio à partir de 95% d’ingrédients bio. C’est d’ailleurs un des seuls chiffres que j’aie trouvé dans la réglementation européenne.
  • une interdiction totale des OGM : c’est le point de discorde par rapport à la réglementation actuelle. Le cahier des charges français autorisait 0.1% d’OGM. Aujourd’hui, c’est 0.9%. Le label Bio cohérence souhaite donc aller plus loin que l’ancien cahier des charges, et refuse toute contamination.
Ce label va ainsi nous permettre de sélectionner les produits qui répondent à ces critères, qui sont en fait ceux que l’on recherche lorsqu’on achète un produit bio. En effet, nous croyons à tort qu’acheter bio nous permet d’éviter les OGM ou qu’un produit bio est forcément 100% bio. Or nous voyons ici que ce n’est pas le cas et que nous sommes en quelque sorte « trompés sur la marchandise ». 
Mais il ne faut pas croire que les producteurs se contentent d’appliquer la réglementation européenne ; c’est notamment le cas de tous ceux qui se sont réunis pour créer Bio Cohérence. Car aujourd’hui, rien ne nous permet de différencier le produit bio « de base » de celui qui l’est un peu plus. De ce point de vue, ce nouveau label a donc tout à fait sa place.
Sources :
- Biocontact, « Bio cohérence, une nouvelle marque bio française », n°202, mai 2010, p8.
- Actu-Environnement, « Bio cohérence : un nouveau label, plus bio que bio? » http://bit.ly/aUYPi2
- Cdurable.info, « Bio cohérence : la marque des produits 100% bio » http://bit.ly/bdTMce
- Novethic, « Les producteurs bio lancent un nouveau label privé » http://bit.ly/bmmGBD

Capital Terre

Le premier numéro de ce nouveau magazine, diffusé sur M6 il y a quelques semaines, avait pour thème l’alimentation et posait cette question : est-il possible de tous se nourrir sans piller les ressources de la planète ? Quatre sujets ont été traités : l’huile de palme, la consommation de bœuf, l’impact carbone de nos achats alimentaires, et l’achat de terres cultivables en Afrique par les pays émergents.

Le sujet de l’huile de palme a été maintes fois traité par les médias, souvent en montrant des hectares de forêt détruite pour y planter des palmiers. Ici encore, on ne peut y échapper, mais on apprend surtout que le palmier à huile — arbre d’origine africaine — a été introduit en Indonésie par un Français, au début du 20ème siècle. On découvre également que cette huile est la matière grasse la plus consommée au monde — et l’Europe en est le 1er importateur — parce qu’elle est en moyenne 15% moins chère que les autres.
La partie sur le bœuf m’a beaucoup fait penser au film Food Inc. car elle a été filmée essentiellement dans les ‘feed lots’ américains. Le problème de la consommation de bœuf vient du fait qu’elle est en forte augmentation dans le monde, alors que son élevage est extrêmement polluant. La pollution provient notamment du méthane dégagé — l’ensemble des élevages rejette plus de gaz à effet de serre que l’ensemble du parc automobile mondial ! –, mais également des déjections animales qui polluent les sols et donc l’eau.
On apprend ensuite que notre alimentation est potentiellement plus polluante que toutes nos autres activités (chauffage, déplacements, etc.) en raison des trajets effectués par les produits que nous achetons, ce dont nous n’avons pas idée puisque ce n’est pas indiqué sur les étiquettes. Ainsi, c’est par le choix de nos aliments que nous pouvons agir pour l’environnement. D’où l’essor du locavorisme, ce mode de vie qui consiste à n’acheter que des aliments produits à moins de 250 km alentour. On note également l’exemple des supermarchés Casino, qui proposent déjà un étiquetage carbone sur leurs produits, indication prévue par le Grenelle pour le 1er janvier 2011.
La dernière partie me paraît un peu éloignée du sujet principal dans le sens où le consommateur français se sentira moins concerné, puisqu’il s’agit de traiter le thème des terres cultivables africaines vendues aux pays émergents. On voit ici l’exemple de l’Inde qui achète des terres en Éthiopie, pour y cultiver des denrées destinées exclusivement à l’exportation. 
Au final, cette émission me semble plutôt réussie, puisque j’ai le sentiment d’en savoir un peu plus sur le sujet, alors que je craignais de n’entendre que ce que je savais déjà. J’aurai l’occasion de revenir sur les thèmes qui ont été traités dans cette émission, puisque l’alimentation est un point crucial pour les consommateurs que nous sommes.
Source :
Capital Terre (site de l’émission) : http://bit.ly/9avBIm
Vidéos (extraits) : http://bit.ly/ayuoEk