Opération 10:10 : réduire son bilan carbone

Vous avez peut-être entendu parler de l’opération 10:10, lancée par la fondation Good Planet et médiatisée par le photographe Yann Arthus-Bertrand. Cette opération a pour but de faire baisser les émissions globales de CO2, en nous poussant tous à réduire notre bilan carbone de 10% en 2010 (d’où le 10:10). Chacun est invité à s’engager officiellement sur le site 10:10, qu’il s’agisse d’un individu, d’une famille, d’une organisation ou d’une entreprise.

Cette campagne a d’abord été lancée par la réalisatrice britannique Franny Armstrong et s’est ensuite étendue à de nombreux pays dans le monde, dont on peut trouver la liste sur le site 10:10 Global. En France, la campagne a été lancée officiellement le 5 juin dernier. Les médias en ont reparlé dernièrement, à l’occasion des festivités organisées le 10 octobre 2010 (10/10/10), date évidemment symbolique pour l’opération.

Pour participer à cette campagne, il suffit de s’inscrire sur le site 10:10. On s’engage alors à réduire de 10% ses émissions de CO2, par rapport aux 12 mois précédant la date d’engagement. Les entreprises, pour lesquelles la tâche est nettement plus ardue, peuvent choisir une date officielle d’engagement, comprise entre le 1er janvier et le 31 décembre 2010. Le but est de réduire réellement ses émissions. La compensation carbone n’est donc pas valable pour cette opération. De plus, l’idée est de mettre en place des actions pérennes, et pas simplement de réduire ses émissions pour une année. D’ailleurs, 10:10  ne s’arrête pas en 2010 : l’objectif réel est de réduire de 10% chaque année.

C’est ici que les choses se corsent. Car si on part de très haut dans la consommation de CO2, c’est-à-dire si l’on n’applique jusqu’à présent aucun geste écolo, baisser de 10% ne sera pas trop difficile. C’est d’ailleurs le discours de 10:10 aux particuliers. En revanche, si l’on a déjà changé ses habitudes depuis quelques années, réduire encore ses émissions semble plus compliqué. Regardons, pour mieux comprendre, les 10 gestes proposés par 10:10 aux particuliers :

  • Faites du vélo
  • Economisez sur le chauffage (en abaissant d’1°)
  • Economisez sur l’électricité (avec des ampoules à économie d’énergie)
  • Prenez moins l’avion
  • Mangez mieux (de saison et bio)
  • Achetez des produits de bonne qualité (qui durent longtemps)
  • Achetez local
  • Jetez moins
  • Economisez l’eau
  • Agir rend heureux (passez du temps en famille pour moins consommer)
Ces conseils n’ont rien de très nouveau. Ce sont  les grands classiques des gestes écolos. Dès lors, si on applique déjà ces gestes, que pourra-t-on faire pour réduire encore ses émissions ?
Je souligne au passage que le lien entre le geste proposé et les émissions de CO2 n’est pas toujours clair. Si on arrive à comprendre relativement facilement  le lien entre réduction des déchets et CO2 (les fumées des usines, par exemple), en ce qui concerne les économies d’eau, c’est moins évident. On a l’impression que ce sont simplement des gestes écolos qui sont proposés, et pas des gestes ayant pour but de réduire son bilan carbone. Quant au geste « agir rend heureux », je trouve l’image un peu gentillette. Oui, cela peut être très valorisant d’être dans l’action, mais je doute que ce soit un argument valable pour la plupart des gens (hormis ceux qui sont déjà convaincus). Ensuite, affirmer que passer du temps en famille, c’est moins consommer me semble assez peu réaliste. Car aujourd’hui le temps passé en famille est souvent lié à la consommation (de biens, de loisirs).

Malgré ces quelques critiques, je trouve que l’initiative est bonne, et je me suis engagée  à diminuer ma consommation de CO2. Très honnêtement, je pense que la tâche ne sera pas évidente, car j’applique déjà la plupart des gestes proposés. Il me faudra donc aller plus loin, et cela nécessitera sans doute d’approfondir le sujet des émissions carbones. Car pour pouvoir les réduire, encore faut-il en avoir pleinement conscience. De plus, pour prétendre diminuer de 10% mon bilan carbone, il est avant tout nécessaire de savoir quelle quantité j’émets jusqu’à présent. Ce sera pour moi l’occasion d’expérimenter les différents tests de bilan carbone.

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