L’impossible retour en arrière

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Lors d’une conférence à Planète Durable, Anne-Sophie Novel, auteur du Guide du locavore, racontait son expérience de locavorisme et admettait qu’elle avait depuis abandonné certaines habitudes de locavore. Cela m’a rappelé l’ouvrage de Colin Beavan, No Impact Man, qui a poussé l’expérience à l’extrême en tentant de réduire autant que possible son empreinte carbone, et qui a lui aussi repris ses anciennes habitudes depuis.

En écoutant  Anne-Sophie Novel, je me suis dit que si tous deux avaient opéré un retour en arrière, c’est en raison de l’aspect extrémiste de leur expérience. Ce qu’ils cherchent à faire pour leur ouvrage est tellement éloigné de notre actuelle façon de vivre, et donc si difficile à appliquer au quotidien (à moins d’un changement de vie radical) qu’il est impossible à prolonger. On peut alors se demander quel est l’objectif véritable de leurs expériences : le résultat est plutôt négatif puisque cela n’incite pas à faire de même.
Mais j’ai aussi pris conscience qu’en ce qui me concerne — moi qui suis loin de ces extrémismes, et qui me contente de changer mes habitudes petit à petit — il serait à présent impossible de faire retour arrière. 
Parce que je ne pourrai plus faire comme si je ne savais pas. Ce que je trouve passionnant dans le Développement Durable, c’est qu’il oblige à s’interroger, à connaître l’histoire d’un produit du début à la fin. Dès lors que l’on a cette connaissance, on prend conscience de ce qu’implique chacun de nos gestes, chacun de nos achats. Et lorsque l’on décide de changer une de nos habitudes, il est impossible de revenir en arrière, car il faudrait redevenir inconscient pour l’accepter.
Le consommateur responsable ne se contente pas d’acheter un produit labellisé ; il cherche à comprendre ce qu’englobe l’acte d’achat. Et c’est cette prise de conscience qui fait toute la différence.
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