Eco-gestes : une question d’effort ?

 Adopter des pratiques écolo, est-ce facile ? Beaucoup nous disent que oui. Pourtant, on observe un décalage manifeste entre la prise de conscience qu’il est nécessaire de changer ses habitudes, et le passage à l’acte. Pourquoi ? Peut-être parce que certains gestes demandent plus d’effort que d’autres.

Selon moi, on peut classer les éco-gestes en trois catégories, selon l’effort à fournir :
  • facile : ce sont tous les gestes qui ne réclament aucun changement d’habitude, tout juste un changement de produit. Par exemple, remplacer sa lessive habituelle par une lessive écologique. L’offre étant maintenant importante dans les supermarchés, il n’est même pas nécessaire de changer de boutique.
  • moyen : ce sont les gestes qui réclament de modifier ses habitudes. Ils exigent plus d’effort, plus de volonté, parce que cela demande souvent du temps. Par exemple, arrêter l’eau sous la douche quand on se savonne, ou éteindre la lumière en sortant d’une pièce. « Les habitudes ont la vie dure », dit-on.
  • difficile : ce sont les gestes qui vont réclamer un effort particulier, qui marquent une volonté particulière de celui qui les adopte. Par exemple, apporter ses appareils usagés en déchetterie, ou ses bouteilles de verre dans un container.
Entendons-nous bien : pour moi, certains gestes de la catégorie « difficile » ne le sont pas forcément, mais cela vient du fait que je suis très volontaire sur le sujet. Cependant, j’ai conscience que pour beaucoup de gens, cela demande un effort qu’ils ne sont pas prêts à fournir.
Et c’est bien tout le problème des éco-gestes. Ceux qui sont convaincus de la nécessité de modifier notre façon de vivre ne trouvent pas que cela soit difficile à faire ; les autres, si. Ainsi, pour convaincre le plus grand nombre de changer ses habitudes, il faudra leur proposer un maximum de gestes « faciles », les encourager à mettre en place les gestes « moyens », mais aussi comprendre leur réticence à adopter les gestes « difficiles ».

Planète Durable : mon coup de coeur

Mon coup de cœur du salon Planète Durable, c’est la Moulibox ! Il s’agit d’un mini-composteur d’intérieur qui vous permettra à la fois de diminuer la part de vos déchets qui partiront à l’incinérateur et de vous initier au lombri-compostage, c’est-à-dire le recyclage des déchets organiques par les lombrics.
En effet, après commande sur le site www.moulibox.fr, vous recevrez une jolie boîte — fabriquée en France — contenant un sac de terreau bio et ses lombrics. Il ne vous reste plus qu’à les nourrir (l’équivalent d’une poignée par semaine) avec leurs mets préférés : fruits et légumes crus ou cuits, riz et pâtes, marc de café, sachets de thé…

Bien sûr, ce mini-composteur n’est pas comparable à un vrai lombri-composteur, et vous ne pourrez pas y mettre tous vos déchets organiques, loin de là. Il a surtout une vertu pédagogique, car il permet de comprendre le fonctionnement du lombri-compostage. Néanmoins, pour ceux qui comme moi ne disposent pas de l’espace nécessaire pour accueillir un lombri-composteur grand format, la Moulibox se présente comme une première étape intéressante : 10 kg de déchets en moins chaque année, c’est toujours mieux que rien !

D’autant que ce mini-composteur présente deux avantages : d’abord, au bout de quelques mois, vous pourrez récupérer le compost qui servira à fertiliser vos plantes ; ensuite, vous aurez la chance de voir pousser des plants de tomates, pommier, poirier ou autre (selon ce que vous y mettrez). Vous n’aurez alors plus qu’à les replanter et démarrer ainsi un nouveau cycle de vie !

Mieux trier pour mieux recycler

Ce billet est sans doute le premier d’une longue série consacrée au tri sélectif et au recyclage, car c’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Suite à mon passage sur le stand d’Eco-emballage au salon Planète Durable, ainsi qu’à la visite du centre de tri de Nanterre, je suis en mesure de vous proposer quelques conseils pour améliorer votre tri sélectif.
Les médias affirment que le tri est un éco-geste à présent bien ancré dans les habitudes des français. Pourtant, on remarque de nombreuses erreurs de tri –  y compris au salon Planète Durable ! — ce qui montre bien que ce geste n’est pas si simple qu’il en a l’air.
Selon moi, pour trier de manière efficace, il est nécessaire de comprendre ce qui va se passer ensuite, dans le centre de tri.
Voici quelques photos du centre de tri sélectif de Nanterre, que j’ai pu visiter dans le cadre de la Semaine du Développement Durable.
Les déchets sont apportés par les camions-bennes et entassés en vrac :
Une semaine de déchets de l’ouest parisien
Tous les déchets passent sur un premier tapis et sont triés manuellement: on retire d’une part les grands cartons, et d’autre part tout ce qui va partir à l’incinérateur — appelé le « refus ». Ne mettez pas vos déchets dans un sac : les opérateurs n’ont pas le temps de l’ouvrir ; ils l’envoient direct au refus.
Pré-tri manuel
Les déchets passent ensuite par une machine qui va séparer ce qui est plat (journaux, cartons) de ce qui est creux (bouteilles, flacons). Ils passent alors sur un deuxième tapis, afin d’être à nouveau triés manuellement.
Second tri manuel
Les déchets triés vont tomber dans de grands containers situés sous les lignes de tri, ce qui permettra de les récupérer facilement. On peut alors les emmener à la presse, matériau par matériau, afin de former des « balles, » qui pourront être envoyées chez un industriel chargé du recyclage.
Balles prêtes à être envoyées au recyclage
Mais le plus intéressant, lorsqu’on veut améliorer son tri, est d’observer le refus, c’est-à-dire tout ce qui va être renvoyé à l’incinérateur. On y trouve évidemment tout ce qui ne se recycle pas (sacs plastiques notamment), mais également ce qui pourrait être recyclé, mais qui est parti au refus pour différentes raisons : petits morceaux de papier, petites boîtes, bouteilles aplaties…
Grâce à cette observation, on peut déjà proposer quelques conseils pour mieux trier : inutile de jeter ce qui est trop petit, puisque cela partira de toutes façons à l’incinérateur. Et pour cette même raison :
  • ne déchirez pas de papier en petits morceaux
  • ne faites pas de boulettes de papier (si vous aimez froisser le papier pour vous déstresser, pensez à le défroisser !)
  • n’écrasez pas votre canette sous le pied pour l’aplatir
De même, il est important de jeter vos déchets en vrac. Et contrairement à ce qui est souvent recommandé, je dirais :
  • n’aplatissez pas ou n’écrasez pas vos bouteilles, surtout les petits formats
  • n’aplatissez pas vos petits emballages cartons afin d’augmenter les chances de recyclage
Et bien évidemment, il ne faut pas jeter n’importe quoi dans la poubelle de tri ! Si vous avez un doute, jetez dans la poubelle des déchets ménagers. Pour l’anecdote, on a vu passer un ordinateur portable sur le tapis du refus…
    Pour savoir précisément ce que l’on peut mettre dans sa poubelle de tri ou non, le site d’Eco-emballage est évidemment une formidable source d’information . Mais ce qui m’intéresse, c’est de comprendre pourquoi. Je tâcherai donc d’en apprendre plus sur chaque matériau afin de savoir ce qui est recyclé et ce qui ne l’est pas, de comprendre pourquoi certains matériaux ne sont pas recyclés, et enfin d’apprendre quelles sont les évolutions en matière de recyclage des déchets.
    Source :
    Eco-emballages www.ecoemballages.fr

      Semaine du Développement Durable 2010

      Du 1er au 7 avril a lieu la Semaine du Développement Durable, pour la 8ème année consécutive. A cette occasion se déroulent de nombreuses manifestations dans toute la France (expo, tables rondes, animations, projections de films, etc.). Vous trouverez la liste de ces manifestations sur le site de la Semaine du Développement Durable.

      Pour ma part, j’irai demain visiter le centre de tri sélectif de Nanterre. Soyez attentifs à ce qui se passe autour de vous, car cette semaine est souvent prolongée de plusieurs jours. Par exemple, la commune de Vanves (92) organise un festival de films environnementaux du 10 au 15 avril.
      Dans les commerces, c’est également l’occasion de mettre en avant les produits les plus écologiques, ce qui facilite la vie du consommateur responsable. Pourquoi ne pas prolonger cette initiative le reste de l’année?