Label AB : réglementation européenne

A la lecture de ces 23 pages de réglementation, je dois dire que je suis assez déçue. Alors que je m’attendais à trouver des indications très précises, des chiffres, des listes de produits autorisés ou interdits (ou un lien vers la liste de ces produits), j’ai eu le sentiment de lire 23 pages de « théorie » sur le bio. Sans doute est-ce le style des réglementations ; il est vrai que je n’ai pas vraiment l’habitude d’en lire !
Ce qu’on remarque dans les premières pages, qui établissent les « principes » de l’agriculture biologique, c’est l’utilisation du conditionnel, qui donne l’impression que l’application de ces principes est souhaitable, mais pas obligatoire. Là encore il s’agit peut-être du style employé pour rédiger ce type d’écrit.
Alors, qu’ai-je appris en lisant cette réglementation ? Et bien à vrai dire, j’ai l’impression de ne pas en savoir beaucoup plus qu’avant. On va bien sûr trouver les grands principes du bio, et pour commencer sa définition :
La production biologique est un système global de gestion agricole et de production alimentaire qui allie les meilleurs pratiques environnementales, un haut degré de biodiversité, la préservation des ressources naturelles, l’application de normes élevées en matière de bien-être animal et une méthode de production respectant la préférence de certains consommateurs à l’égard de produits obtenus grâce à des substances et à des procédés naturels.

On comprend également que l’idéal du bio est un « cycle de vie » : l’agriculteur va cultiver ses fourrages, qui vont nourrir ses animaux, dont les déjections vont enrichir la terre, qui va faire pousser les fourrages, etc.
Pour le reste, le texte est obscur au possible. Par exemple, sur la question des OGM, j’avais entendu, notamment dans le documentaire Si beau le bio?, que cette réglementation acceptait jusqu’à 0.9% d’OGM dans le bio. Or, ce chiffre n’est mentionné nulle part dans la réglementation. Dans les principes du bio, on va trouver la phrase suivante :
Les organismes génétiquement modifiés (OGM) [...] sont incompatibles avec le concept de production biologique [...]. Ils ne devraient donc être utilisés ni dans l’agriculture biologique ni dans la transformation des produits biologiques.

Suivi de :
L’objectif est d’avoir une présence d’OGM dans les produits biologiques aussi réduite que possible. Les seuils d’étiquetage existants constituent des plafonds qui sont exclusivement liés à la présence fortuite et techniquement inévitable d’OGM.

Effectivement, on comprend de ces phrases que la présence d’OGM est acceptée. Mais nulle mention d’un chiffre, même dans l’article dédié à ce sujet et intitulé « Interdiction d’utilisation des OGM ». En revanche, on nous renvoie à la lecture d’autres réglementations. Sans doute trouve-t-on la mention de ce chiffre dans l’une d’entre elle.
Il est alors évident que la seule lecture de cette réglementation ne peut suffire à comprendre réellement ce qu’implique la production de produits issus de l’agriculture biologique, non seulement parce que cette réglementation renvoie à de nombreuses autres, mais aussi parce qu’un décryptage de ce texte semble nécessaire.
Je vais donc poursuivre mes investigations en me penchant sur les autres textes, mais également en cherchant des clés de compréhension en dehors de ces réglementations.
Commentaires
  • Anonymous dit :

    Lauverjat, vous avez raison, la règlementation européenne du bio est moins stricte. Il faut donc même se méfier des produits bio !<br />J&#39;ai une question dont je n&#39;ai pas trouvé la réponse en lisant la règlementation AB : est-ce que les huiles bio sont hydrogénées ? si non, sont-elles non-hydrogénées à 100%?

  • Julie dit :

    Bonjour, en faisant une rapide recherche, je suis tombée sur cette page de la marque Rapunzel à propos de l&#39;huile de palme : http://www.rapunzel.fr/10_1.cfm?p=73-0-huile-de-palme<br /><br />La marque cite la réglementation à propos de l&#39;hydrogénation des lipides dans le bio : &quot;La certification selon le mode de production « Agriculture Biologique » (règlement CE 834/2007 et suivant),

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