Enfumés…

Ce documentaire de Paul Moreira — ce qui est pour moi un gage de qualité — nous explique que si les Etats-Unis sont restés tant en retrait sur la question du réchauffement climatique ces derniers années, c’est en raison de la puissance du lobby pétrolier. Alors que la plupart des industries automobiles fabriquaient des modèles plus petits, l’administration Bush, dont les membres influents avaient tous un lien avec l’industrie pétrolière, a encouragé la construction et la vente de voitures toujours plus imposantes et donc plus gourmandes en essence. Un lobbyiste était même « infiltré » dans le gouvernement, nommé au Conseil de Qualité Environnementale, et y modifiait les rapports des scientifiques, afin d’induire le doute sur la relation entre augmentation du CO2 et changement climatique.
Cette enquête m’inspire une réflexion, plutôt qu’une interrogation : dans ce sujet du changement climatique, adopter une posture critique et scientifique semble indispensable. On ne peut pas prendre à la lettre tout ce que l’on nous affirme. Il est nécessaire de garder un esprit critique et de s’interroger ; il faut demander des preuves de ce qui est avancé, des arguments.
L’exemple de Claude Allègre est particulièrement frappant : il utilise seulement une partie des données publiées  par le Hadley Center, un centre de recherches sur le climat, afin d’illustrer ses propos. Cette méthode est contraire à l’honnêteté intellectuelle qu’on attend d’un scientifique. De plus, il n’argumente pas, ce qui là encore n’est pas conforme à une démarche scientifique. Au final, il est difficile de prendre ses propos au sérieux.
Cette position critique est également nécessaire pour éviter de se faire piéger par le « green washing ». Si une entreprise de l’industrie pétrolière communique sur ses engagements en matière d’énergies renouvelables, mieux vaut se demander quelle part de leurs investissements cela représente avant d’applaudir…

Source : Enfumés…, Paul Moreira, 2009.

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